LA COMEDIE DU DIVORCE

Samedi 24 décembre 2011 6 24 /12 /Déc /2011 00:17
19/12/11 à 15:39

Le taux de 1,10 % sera maintenu pour les partages consécutifs à un divorce lorsque la convention aura été présentée au juge avant le 30 juillet 2011, même si le jugement est homologué après le 1er janvier 2012, selon un amendement à la loi de finances pour 2012.

2,5 % au lieu de 1,1 %, c'est le taux du droit de partage auquel seront soumis ceux qui se partagent un patrimoine, notamment lors d'un divorce, à partir du 1er janvier 2012.

Pour éviter une course effrénée au divorce avant le 31 décembre 2011, le Sénat avait remis le taux du droit de partage à 1,1 %  à partir du 1er janvier 2012, par un amendement à la loi de finances pour 2012 (voir : Divorce : le droit de partage resterait à 1,10%).

Cet amendement a finalement été retiré et remplacé par un autre, qui maintient le taux de 1,10 % pour les époux en instance de divorce avant le 30 juillet 2011 (date d'entrée en vigueur de la loi de finances rectificative pour 2011 qui a augmenté le taux de 1,10 % à 2,50 %).

Si la loi de finances pour 2012 était votée en l'état, les personnes en instance de divorce avant le 30 juillet 2011 seront soumis à un droit de partage de 1,1 %, même si le jugement d'homologation du divorce intervient après le 1er janvier 2012. Les autres seront frappées au taux de 2,5 %.

L'objectif de cette mesure est d'éviter aux personnes qui ont déposé des demandes de divorce de se retrouver dans des situations inéquitables - certaines frappées à 2,5 % et d'autres à 1,1 % - à cause de l'engorgement de certains tribunaux.

Stéphanie Alexandre

Par ACHILLE - Publié dans : actualité et autres blogs - Communauté : partage
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Samedi 24 décembre 2011 6 24 /12 /Déc /2011 00:05

Divorce et partage

Le divorce signifie la fin du mariage, mais il signifie aussi la fin durégime matrimonial. Il entraîne la liquidati­on de ­ce régime et le partagedes biens du couple qui se sépare. La liquidation des intérêts pécuniaires des époux reste assez complexe. 
Rencontrez votre notaire, si possible avant d'entamer la procédure afin d'en estimer les difficultés et de réfléchir aux différentes solutions possibles. Il vous aidera à mieux traverser ce moment difficile.­­

Qu'est-ce que le régime matrimonial 
C'est l'ensemble des règles de droit que les époux adoptent pour organiser leurs relations sur le plan financier, pendant et à la fin de leur mariage
Il y a deux façons­ de le choisir : 
- La première, par la signature d'un contrat de mariage chez un notaire avant la célébration du mariage. On choisira un régime de communauté, si on désire mettre en commun les biens et les dettes, ou un régime de séparation de biens si on tient à l'indépendance et à l'autonomie, ou encore un régime combinant esprit communautaire et indépendance : laparticipation aux acquêts. Le contrat pourra être adapté avec une grande liberté à la situation du couple par des clauses sur mesure. 
- La seconde manière de choisir un régime matrimonial consiste à ne rien faire ! Le couple est alors automatiquement soumis au régime légal de la communauté de biens réduite aux acquêts. Trop souvent, il ne s'agit pas d'un vrai choix, mais simplement d'un manque d'information.

Quel que soit le régime, le divorce entraîne la liquidation et le partage.En clair, il faut faire les comptes en appliquant les règles du régime matrimonial choisi. Votre notaire peut vous aider dans cette démarche.

Comment le notaire liquide-t-il le régime matrimonial 

  • A l'aide des re­nseignements fournis par ses clients, il commence par lister leurs biens et leurs dettes éventuelles, ce qui constitue l'actif et le passif.
  • Ensuite, il détermine les droits et obligations de chaque époux dans ces actifs et passifs.
  • Enfin, il recherche un accord entre ses clients pour partager les biens et dettes.

Tout doit être étudié et calculé pour que chacun reparte avec une situation claire et nette. Il faut absolument éviter d'avoir à y revenir.

Ces opérations de liquidation et de partage peuvent être prévues avant que le juge ne prononce le divorce. C'est le cas lors du divorce par consentement mutuel
Le jugement de divorce ne peut alors être rendu, tant que les époux ne fournissent pas au juge un acte de liquidation de leur régime matrimonial, le projet de partage de leurs biens et le règlement de toutes les conséquences de leur séparation : partage des biens et des dettes, pension alimentaire, prestation compensatoire, garde des enfants. 
C'est aussi parfois le cas pour des personnes mariées sous un régime de séparation de biens, quelle que soit la procédure de divorce utilisée. Dans d'autres situations, la liquidation et le partage ont lieu après le prononcé du divorce, en particulier lors de la procédure pour faute. Le juge prononce le divorce et les ex-époux démêlent ensuite les conséquences juridiques et financières de leur séparation. Inutile d'insister sur les inconvénients de cette procédure, mais c'est quelquefois la seule possible.

Dans tous les cas, plus on anticipe les conséquences de la séparation et plus il est facile de régler les problèmes dans de bonnes conditions
Si la situation du couple est très simple (elle l'est rarement !) la liquidationsera rapide. Impérative dès qu'il y a un immeuble (terrain, appartement, maison), l'intervention du notaire sera une aide précieuse dans tous les autres cas. La loi a prévu sa présence car il est l'officier public spécialiste du droit de la famille, garant de l'équilibre et de la sécurité du contrat. Il protège ainsi des mauvais accords.

N'hésitez pas à consulter votre notaire dès le début de votre procédure de divorce. Enfin n'oubliez jamais les inévitables conséquences fiscales de votre divorce et du partage de vos biens. Votre notaire calculera avec soin les frais et les impôts que vous aurez à payer. ­

Par ACHILLE
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 23 décembre 2011 5 23 /12 /Déc /2011 23:59

Députés et sénateurs ont décidé de relever l'impôt à payer lors des partages de biens, qui interviennent au moment des divorces ou des successions. À partir du 1er janvier 2012, le droit de partage passera de 1,1 % à 2,5 %.

À partir du 1er janvier 2012, le droit de partage passera de 1,1 % à 2,5 %. Ainsi en ont décidé ce mercredi les députés et les sénateurs réunis en commission mixte paritaire (CMP) pour trouver un accord définitif sur la réforme de la fiscalité du patrimoine.

Cette mesure n'est pas anodine. Car les couples qui divorcent et partagent leurs biens doivent acquitter ce droit de partage, quel que soit leur régime matrimonial. Cet impôt est également dû par les héritiers, lors du partage de la succession, et lors de donation-partage (pour les donations antérieures réintégrées à cette occasion).

Grâce à cette hausse, l'État récupérera quelques 300 millions d'euros, essentiellement aux frais des 130.000 nouveaux divorcés annuels. Ainsi, un couple qui possède un patrimoine, après déduction des dettes, de 300.000 euros devra payer 7500 euros de droit de partage l'an prochain. Si il avait divorcé cette année, sa facture n'aurait été que de 3300 euros. Problème : la réforme de l'ISF était censée être financée par les plus fortunés…«Je ne trouve pas normal d'augmenter l'impôt lors d'un moment difficile de la vie» ajoute Benoit Renaud, président du conseil supérieur du notariat. Cette hausse du droit de partage risque en outre de pousser les héritiers à rester en indivision et de décourager les donations-partage. Au risque de créer des conflits dans le futur. Enfin, il n'est pas impossible que de nombreux divorcés choisissent de vendre leurs biens et de se répartir «en douce» les sommes, sans faire d'acte de partage, histoire d'éluder l'impôt.

Par ailleurs, la CMP a relevé de 20 % à 25 % les droits de succession de l'assurance-vie, pour les sommes transmises au delà de 902.838 euros par part, après l'abattement de 152.500 euros. Et elle a validé le mécanisme de lissage pour les donations. Le gouvernement a relevé de six à dix ans le délai entre deux donations, ou entre une donation et une succession, pouvant bénéficier d'allégements fiscaux. Pour atténuer ce choc du passage de six à dix ans, les députés, puis les sénateurs, ont mis au point un système de lissage. Celui du Sénat a été choisi en CMP. Concrètement, l'abattement sur la valeur de la donation sera de 10 % pour une donation datant de six ans, de 20 % pour une donation datant de sept ans, de 30 % pour une donation datant de huit ans et de 40 % pour une donation datant de neuf ans.

L'accord sur les mesures fiscales trouvé en CMP doit encore être validé par l'Assemblée puis le Sénat en séance le 5 juillet. Mais cette validation ne devrait pas poser de problème. 

Par ACHILLE - Publié dans : actualité et autres blogs - Communauté : trop dure la vie....
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 6 septembre 2011 2 06 /09 /Sep /2011 13:16

Après une taxation perpétuelle, puis un délai de 25 ans, hier, aujourd'hui le projet évolue de nouveau : 

-  entrée en vigueur de la réponse différée (pour l’instant au 1er décembre)

-  réintroduction d’un abattement

-  terme de 30 ans établi pour exonérer la vente de toute imposition

 

Par ACHILLE - Publié dans : actualité et autres blogs - Communauté : partage
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 28 février 2011 1 28 /02 /Fév /2011 20:15
Par ACHILLE - Publié dans : La Comédie du Divorce - Communauté : trop dure la vie....
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 27 janvier 2011 4 27 /01 /Jan /2011 23:44

poisson qui tourne dans son bocal

« Le temps n’endort pas les grandes douleurs, mais il les assoupit. »

Georges SAND.

Monsieur n’accepte plus que Madame se lève tous les matins tôt pour aller travailler. Quand Madame revient, il a condamné toutes les portes et fenêtres l’empêchant de pénétrer dans la maison.

Ou Madame doucereuse dépose un gros baiser amoureux sur les lèvres de son époux, lui souhaite une bonne journée, agrémentée d’un « à ce soir » fermant le chapelet de paroles sucrées.

À peine Monsieur a-t-il tourné les talons et pris son train que Madame, comme dans un film américain, commande aux déménageurs d’emporter la moitié du mobilier commun ainsi que tout ce qui lui appartient personnellement.

Monsieur, rentrant le soir, pense à un cambriolage, puis il doit se faire une raison, pas d’effraction, pas d’épouse, pas de chat, pas d’enfant.

En bon "mec macho", je me dis, comment peut-on faire ceci, tout en se sentant honnête ? Comment ne pas s’étonner qu’après ces péripéties, ce soit la guerre ouverte et que toutes les armes soient permises ?

Je n’arrive pas à créer en mon bureau, un No Man’s Land, lorsque tout a été détruit de pareille manière, lorsque la douleur rôde.

* * *


Par ACHILLE - Publié dans : La Comédie du Divorce - Communauté : trop dure la vie....
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 26 janvier 2011 3 26 /01 /Jan /2011 23:44

Photo-0020
Photo-0020
par ACHILLE

Par ACHILLE
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 26 janvier 2011 3 26 /01 /Jan /2011 23:43

Photo-0030
Photo-0030
par ACHILLE

Par ACHILLE
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 26 janvier 2011 3 26 /01 /Jan /2011 23:43

Photo-0029
Photo-0029
par ACHILLE

Par ACHILLE
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 26 janvier 2011 3 26 /01 /Jan /2011 23:42

Photo-0028
Photo-0028
par ACHILLE

Par ACHILLE
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 26 janvier 2011 3 26 /01 /Jan /2011 18:44

Photo-0025Une bouteille de champagne dans votre bureau, Maître GASTON ! Qu’avez-vous donc fêté ?

Je viens de recevoir une médaille pour mes trente ans d’ancienneté[1] en tant qu’employé, ce qu’on appelle un grouillot, un scribouillard, un clerc.

Maître GASTON, ne vous sous-estimez pas. Je suis heureuse que vous m’assistiez face à mon époux.

Un avocat aurait pu le faire.

Peut-être, mais le mien ne l’a pas fait, il a eu la sagesse de me remettre entre vos mains. Vous avez en charge la liquidation[2] de mon régime matrimonial et vous voyez mieux que quiconque où se situe le déséquilibre entre mon époux et moi-même.

Ce matin un nouveau dossier m’a confirmé que l’inégalité pouvait se placer également dans les meubles et objets mobiliers que l’on néglige souvent dans le cadre du divorce. L’époux, très malin, n’avait jamais accroché aux murs du domicile conjugal les œuvres d’art qu’il collectionnait, mais les entreposait dans un hangar, ailleurs, dont il était le seul à avoir les clés. Madame ne voyait pas l’utilité de se préoccuper de ce point, n’appréciant pas beaucoup l’art contemporain, laissant son époux spéculer s’il en était amusé, ne sachant d’ailleurs pas vraiment ce qu’il cachait. Si l’avocat futé de notre cliente n’avait pas ordonné à un huissier de se rendre sur les lieux, à l’heure qu’il est, Madame aurait la moitié de rien et Monsieur serait à la tête d’un petit musée d’art contemporain.

Heureusement, mon époux ne collectionne pas les œuvres d’art.

Est-il collectionneur ?

Non, à part les contraventions non réglées, les stocks de médicaments, ou plus largement sa pharmacie, je ne lui connais aucun autre trouble obsessionnel compulsif.

* * *




[1] Cette médaille porte l’emblème du notariat, un cadran solaire appelé le Gnomon entouré de la devise des notaires : «  Lex est quodcumque notamus Est » : « Loi ce que nous consignons ».

[2] Détermination de l'actif et du passif d'une communauté de biens entre époux dissoute. Par extension liquidation des biens indivis des époux.

Par ACHILLE - Publié dans : La Comédie du Divorce - Communauté : trop dure la vie....
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 16 janvier 2011 7 16 /01 /Jan /2011 23:31

jeunesseDIVORCE AU PARFUM.

« C'est puer que de sentir bon. »

Michel de MONTAIGNE, Essais.

 

Monsieur et Madame divorcent par consentement mutuel après plus de quarante ans de vie commune. Ils n’en ont jamais invoqué les raisons. Je ne les ai pas demandées.

Après d’âpres hostilités, les époux sont enfin d’accord sur les termes du partage. Madame prendra l’appartement, où tous deux habitent encore ensemble. Monsieur se verra attribuer les deux studios d’une valeur bien inférieure. La différence formera la prestation compensatoire. Monsieur est même d’accord pour verser une rente viagère à Madame pour qu’elle soit à l’abri de tout.

Monsieur et Madame signent l’état liquidatif. Aucun souci. Nous attendrons le jugement. J’explique que je rédigerai alors son acte de dépôt au rang de mes minutes, publierai le tout au bureau des hypothèques compétent. J’adresserai à chacun sa copie authentique, tout sera fini, définitivement. On me le demande plusieurs fois, je l’assure.

Monsieur déménagera bientôt. Il a donné congé au locataire d’un des studios pour reprendre le logement pour y vivre, tout est organisé pour que les dates coïncident.

Monsieur doit se présenter ce mardi à quatorze heures. Il n’a plus souvenir de la salle où l’audience doit avoir lieu. Il traverse à grands pas la Cour du Palais de Justice, grimpe quatre à quatre les marches du grand escalier. Il pense soudain au Festival de CANNES, à toutes ces vedettes qui montent au bras de leur compagne du moment, cela le fait sourire. Il monte vers la victoire, lui aussi, il monte seul et redescendra tout à l’heure, encore plus seul. C’est sa volonté.

Il a peur d’arriver en retard. Si le juge était absent, si un empêchement survenait. Il faut qu’il soit à l’heure. C’est une question de respect, d’amour-propre. 

Dans son élan, Monsieur rate une marche, s’écroule lourdement. Sa tête heurte le sol en un claquement. 

Lui, qui ne voulait penser qu’à son avenir, qu’à sa vie future, qu’à après, voilà qu’il pense à son épouse, maintenant. Pourquoi ? Elle se penche sur lui, non ce n’est pas possible. Ne dit-on pas qu’on revoit le film de sa vie en accéléré avant le grand moment ? Alors pourquoi voit-il encore sa femme, pourquoi ne voit-il qu’elle ?

Non c’est faux, Madame n’est pas toute sa vie, il y a eu d’autres moments, de bons moments, d’autres rencontres, d’autres personnes. 

La tête de Madame dans le ciel ne s’efface pas. Ses cheveux pendent sur lui, effleurant son visage. Elle est là, c’est vrai, ce n’est pas une image. Appellera-t-elle les secours pour le sauver ? Pourtant Monsieur hésite, il ne sent pas son parfum. 

Ce parfum capiteux, sucré, vanillé, ambré, fort, lourd, fumé, cuiré, qui lui donne la nausée. Il lui demande tout le temps de l’ôter. 

Combien de parfums lui a-t-il offerts pour changer ? Pour essayer ? Aucun ne lui convenait. Des plus frais, des plus subtils aux plus classiques, aux plus chers, Monsieur tentait, en vain.

Madame restait fidèle à ce parfum, floral, épicé, à peine rafraîchi par une note de tête Cologne, un petit bouton de rose et ce jasmin poivré qu’on vend en petit bouquets à quatre sous dans les pays méditerranéens.

Ce parfum, je le reconnaîtrai entre mille. Le parfum préféré de ma mère lui allait si bien.

À premier nez, l’impression est étrange, plutôt ambiance encaustique. Peut-être l’odeur qu’on penserait émaner de l’œuvre « les cireurs de parquets » de CAILLEBOTTE. 

Se présente alors le galbanum, le lentisque, aux tanins forts, terreux, végétaux, résineux même, comme leur origine (ce sont des gommes ou résines que l’on extrait de la racine d’une plante, ou en incisant l’écorce d’un arbrisseau). Suit une tonalité de cuir que l’on rencontre dans certains parfums masculins. On se croirait dans une sellerie, près de l’écurie même.

Puis, les notes de fond ravissent mes narines, le petit-grain bigaradier, qu’on pourrait penser volatile se révèle alors, suave, floral, fruité, de manière si discrète que l’on pourrait lui trouver un air d’un autre parfum, son cadet, chez le parfumeur.

On pense aux joues poudrées des grands-mères, au patchouli, à la vanille.

Oui, à un cornet glacé dégusté lors d’une promenade avec ma mère dans l’arrière-pays, sous les orangers.

« Le parfum le plus tenace au monde » m’a laissé un souvenir olfactif impérissable.

Mon père tentait de m’endormir. Je ne pouvais pas sans ma Toutoune. Ma Toutoune, c’était mon doudou, comme j’entends mes clientes le nommer. Ce bout de tissu moite, ou cette peluche infâme que traînent les enfants, censé représenter maman, papa, le foyer et tutti quanti pour les psychologues.

Il me manquait donc mon foyer pour dormir. Maman l’avait lavée ; Toutoune était décidément trop sale. Dans un élan pathétique, mon père m’en confie une seconde, toute pareille à la première, mais toute propre, toute blanche, toute rêche, revêche, sans goût aucun. Je refuse catégoriquement. Maman gesticule en tous sens. 

- Que lui manque-t-il ? 

- Une étiquette. 

- Soit. 

On me coud un bout de ruban blanc en Nylon. Je caresse cette étiquette du bout de mon nez, mais rien. Il ne se passe rien. Je refuse toujours, droit comme un I, assis dans mon lit.

- Et maintenant que lui manque-t-il ?

- Du goût. 

- Quel goût ? Tu ne vas pas apprécier ce goût de vieux, de sale, que traînait ce lange en coton ?

- Que dire, je suis très jeune, deux, trois ans. Je ne sais pas exprimer les odeurs avec des mots.

Soudain ma mère a une idée de génie. Elle prend ce tissu, le caresse, le frotte sur son visage, sur son corps, le malaxe, le moleste, le passe sous ses bras, entoure le cou de papa avec, qui l’embrasse, enfin embrasse elle-même l’étiquette, et me la rends.

Étonné par tant de sollicitude pour ma Toutoune, je la porte à mon nez, je suis emporté par cette odeur de cuir, de poudre, de cire, de vanille. Je note les traces de rouge à lèvres sur l’étiquette. Je m’entoure à mon tour de ma Toutoune et m’endors aussitôt.

Pourquoi diable mon client ne supportait-il pas ce parfum ? Celui-là même que je trouvais envoûtant, sensuel même, celui de ma mère, de mes amies. Celui qui me ravissait. 

Si je connais les ingrédients de ce parfum, ce n’est pas de les avoir cherchés, quêtant une information presque clinique auprès des vendeuses en parfumerie. Mon client qui me les a cités, il les connaissait tous, dans l’ordre des notes, et dans les proportions. Ne pouvant pas supporter ce parfum, il cherchait le coupable, l’ingrédient idoine, qui, exclu du lot, lui aurait permis de vivre des heures émouvantes auprès de son épouse, réconcilié avec son odeur. Madame mettait du parfum au réveil, après la douche et le soir avant de s’endormir. Monsieur n’en dormait pas. Monsieur hantait chaque pièce de l’appartement, cherchant un endroit où elle n’était pas passée auparavant, pour s’y poser. Si Madame se relevait la nuit, Monsieur retournait vite se reposer près d’elle, afin d’éviter qu’elle ne trouble le nid sans odeur qu’il s’était ménagé. Puis il attendait, sagement, qu’elle s’endorme pour quitter le lit et retourner vers ce nid. Nous étions de connivence. Ce sujet était maintenant son obsession. De mon côté, moi qui n’y avais jamais prêté attention auparavant, je commençais à m’étonner de mes recherches olfactives. J’arpentais les wagons et les autobus avec la ferme intention de rencontrer une porteuse de cette fragrance orientale, tandis qu’il me racontait ses recherches laborantines.

Monsieur est décédé à quatorze heures, sur la dernière marche du palais de Justice. On dit que Madame était là, ce n'est pas transcrit sur le constat de décès.

Madame me rend visite. Sans une larme. Je suis étonné, je ne retrouve plus cette odeur entêtante. Madame m’annonce qu’en mémoire de son époux, elle ne mettra plus jamais ce parfum qu’il n’aimait pas. Elle a bien assez de parfums qu’il lui a offerts, pour finir ses jours parfumée par son mari. Devant ma surprise, Madame me confie que Monsieur était sûrement fétichiste, puisqu’il faisait collection de parfums de femmes.

Madame me charge d’ouvrir le dossier de la succession de son époux, puisque le divorce n’est pas prononcé…

Madame sera usufruitière des biens de la succession.

* * *

 

Par ACHILLE - Publié dans : La Comédie du Divorce
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Samedi 15 janvier 2011 6 15 /01 /Jan /2011 23:05
Par ACHILLE - Publié dans : actualité et autres blogs - Communauté : partage
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 14 janvier 2011 5 14 /01 /Jan /2011 23:08

 
Trop bien pour partir Pas assez pour rester



Cet ouvrage m'a beaucoup aidé. J'aime bien son titre. Très explicite n'est-ce pas? Si c'est votre situation en ce moment par rapport à votre couple, je vous le conseille vivement.  Il ne vous incitera pas à partir, il ne vous incitera pas à rester; il vous aidera à vous poser les bonnes questions.

UN DES POSTULATS PRINCIPAL DE L'OUVRAGE:

"C'est souvent l'image de la balance qui vient à l'esprit lorsqu'on essaie de décider: partir ou rester. Vous cherchez à savoir si vous devez partir ou rester en pesant le pour et le contre sur une sorte de balance géante et en regardant de quel côté elle penche. (...)
[Mais] en ce qui concerne les rapports humains, l'approche de la balance est un problème, pas une solution. Comment peser les choses que vous savez aujourd'hui sur votre couple face à un avenir dont vous ne savez rien? "

 

J'AI UN BESOIN PRIMORDIAL. JE NE PEUX PAS LE SATISFAIRE DANS LE CADRE DE MON MARIAGE. DOIS-JE DIVORCER?

 

Voici la réponse de l'auteur:

 

"J’entends parfois la chose suivante: “Nous ne nous disputons pas très souvent et la plupart de mes besoins sont satisfaits. S’il y a une difficulté, on arrive généralement à en parler et à trouver une solution. Le problème, c’est que j’ai un besoin primordial qui me tient très à coeur, et c’est justement ce besoin-là qui n’est pas assouvi. Et il n’y a rien à faire...” En général, le patient continue à se plaindre en disant que son partenaire soit refuse de satisfaire ce besoin, soit est incapable de le satisfaire.

Bien sûr, nous sommes des adultes et nous savons que l’on obtient pas toujours tout ce que l’on veut dans la vie. Bien sûr, on peut se plaindre parce qu’un besoin essentiel rester insatisfait, mais cela ne rend pas automatiquement la relation trop mauvaise pour rester. Alors où faut-il mettre la limite? Quand faut-il arrêter de se dire que l’on n’est qu’un bébé et s’autoriser à penser que cela vaut peut-être la peine de mettre fin à la relation pour assouvir ce besoin primordial?

Evidemment, je veux parler d’un besoin absolument essentiel pour vous dans la vie, un besoin si important que ne pas l’obtenir change complètement le sens de votre vie. Je ne parle pas d’un besoin inassouvi de plus, mais d’une vie inaccomplie. Voici une histoire qui devrait illustrer ce que j’essaie d’expliquer.

L’histoire de Bernard

La vie avec Lucie était un vrai bonheur pour Bernard. Il aimait leur maison, il aimait leurs enfants, leurs amis, leurs vacances. Il aimait même l’idée d’aller travailler tous les matins et de travailler très dur. Lucie aimait les mêmes choses. L’ennui, c’est que Bernard détestait son travail et détestait son image professionnelle. Ce dont il avait besoin, c’était de se sentir à la fois libre et puissant, maître de sa destinée. Il pensait pouvoir ressentir tout cela en montant sa propre entreprise.

Bernard était ingénieur commercial et agent exclusif. Il était chargé de vendre des instruments techniques en tous genres aux entreprises, grandes et petites. Ce travail nécessitait un certain niveau d’expérience technique car il fallait être capable de comprendre et de résoudre les problèmes liés aux produits.

Ce qui l’ennuyait, c’est que son travail consistait à pousser les ventes pour remplir les quotas, alors que ce qu’il aurait souhaité, c’était un vrai boulot d’ingénieur. Ce qui l’énervait encore plus, c’était d’être obligé de vendre des produits qui ne résolvaient qu’à moitié les problèmes de ses clients, alors qu’il se sentait capable de mettre au point des instruments nettement plus efficaces.

Vous imaginez facilement quel était le besoin primordial de Bernard. Il voulait en finir avec son job de  commercial, poursuivre une carrière d’inventeur indépendant et profiter des éventuels avantages financiers, psychologiques et autres. Il voulait lancer sa propre entreprise. Mais Lucie ne voulait pas qu’il satisfasse ce besoin. Elle était effrayée à l’idée qu’il puisse renoncer à son travail respectable et bien payé. L’inconnu lui faisait peur. Ce n’est pas qu’elle avait peur du risque, mais elle n’était pas aussi sûre que lui de sa capacité à devenir un inventeur génial. Alors elle fit acte d’autorité et le menaça de quitter la maison s’il démissionnait de son travail.

Pendant 7 ans, Bernard renonça à son rêve. Il pensait qu’il finirait peut-être par oublier. Il pensait que Lucie avait peut-être raison et qu’il finirait par s’apercevoir que son rêve n’était pas réaliste.

Puis un jour, à l’occasion d’une réunion de famille, Bernard fit quelques pas en compagnie de sa soeur. Il lui parla de son rêve, de l’opposition de Lucie, et commença à se reprocher d’être irréaliste et immature. Mais sa soeur, qui avait toujours apprécié Lucie, le fit parler. Et c’est en parlant avec elle que Bernard se rendit compte qu’un jour il serait vieux, et que toute sa vie n’aura été qu’une hésitation entre poursuivre un rêve ou l’abandonner. Quand il pensait à l’abandon de son rêve, il avait l’impression d’abandonner sa vie. C’est alors que se repose le choix difficile entre assouvir son besoin et rester dans la relation.

Bernard démissionna de son travail. Lucie quant à elle tint parole et le quitta. Est-ce que Bernard fit le bon choix? Beaucoup des prévisions de Lucie se vérifièrent. Sa nouvelle vie était une vraie lutte. La gloire et la fortune ne l’attendait pas au tournant!

Au bout de 10 ans, Bernard n’avait pas vraiment fait fortune et s’était même un peu endetté. Quelques-unes de ses inventions eurent du succès, mais cela ne fit pas de lui un homme riche. Bernard fut un peu déçu de la tournure de son rêve. Mais, et c’est crucial, il ne regretta jamais de s’être lancé dans l’aventure. Il était même fier de lui. Et puis, il aimait son travail.

Il n’avait pas voulu que sa relation avec Lucie se termine. Il aurait bien aimé s’engager dans sa nouvelle vie tout en restant avec sa femme. Mais forcé de faire un choix entre les deux, Bernard choisit de satisfaire un besoin primordial, et ne le regretta jamais.

 

Le besoin dans la boîte

La pire des situations est de rester indécis par rapport à la relation lorsqu’il serait facile d’éclaircir les choses. Essayer d’imaginer combien vous vous sentiriez mieux si vous pouviez mettre votre besoin de côté dans une boîte et vous dire: “C’est dommage que ce besoin ne soit pas satisfait mais je peux l’oublier et arrêter de penser que cette relation est trop mauvaise pour rester.” Ou d’imaginer combien vous vous sentiriez mieux si vous pouviez dire: “Mon partenaire et moi-même devons essayer de négocier et je continuerai à essayer d’assouvir mon besoin, mais même si je n’arrive pas à le satisfaire, je ne me dirai quand même pas que cette relation est trop mauvaise pour rester.” Il faut aussi envisager que vous ne puissiez pas dire tout cela. Si vous avez un besoin tellement important que si vous arriviez à la fin de votre vie sans l’avoir assouvi, vous tiendriez votre vie pour insatisfaisante, et que vous vous dites que vous ne parviendrez jamais à trouver une solution, alors vous serez heureux si vous partez, et malheureux si vous restez dans la relation.

En d’autres termes: foncez ou taisez-vous! Pensez à ce dont vous avez besoin pour être heureux dans la vie. Pensez à ce que vous faites pour satisfaire vos besoins. Si de ces besoins essentiels dépend votre bonheur, alors il faut soit trouver un moyen de les assouvir au sein de la relation - et cela veut dire apprendre à négocier - soit vous séparer de votre partenaire, sous peine de vous retrouver, des années plus tard, avec quelqu’un que vous détestez."

Par ACHILLE - Publié dans : actualité et autres blogs - Communauté : partage
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 13 janvier 2011 4 13 /01 /Jan /2011 23:03


Par ACHILLE - Publié dans : actualité et autres blogs - Communauté : partage
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Journal d'un clerc

Derniers Commentaires

Recommander

CE N'EST PAS BIEN DE COPIER !

Tous les éléments de ce blog sont la propriété exclusive du clerc de notaire (sauf mention contraire explicite) Ils sont protégés par les lois relatives aux droits d'auteur. Sauf autorisation formelle écrite et préalable, toute reproduction, en tout ou en partie, par quelque moyen ou procédé que ce soit, pour des fins autres que celles d'utilisation personnelle, est strictement interdite. Pour tous les textes et oeuvres présentées sur ce site : © Copyright Achille GASTON

Images Aléatoires

  • Photo-0031
  • branche
  • araignée
  • chenille ?
  • pas dans la neige
  • merci a chrisbe

Calendrier

Janvier 2012
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30 31          
<< < > >>

Recherche

Créer un Blog

Profil

  • ACHILLE
  • Le blog de ACHILLE - Chroniques Notariales
  • Homme
  • FRANCE PACA Midi-Pyrénées SU
  • partage divorce procès notaire liquidation
  • Je suis clerc, mais pas clair, peu importe, je ne m'exporte pas. Divorcé, je parle du divorce des autres. Vivement la retraite...
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés