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Le blog de ACHILLE - Chroniques Notariales
un clerc divorcé qui se noie dans les problèmes de divorce de ses clients

INVENTAIRE - EPISODE 1

ACHILLE #SUCCESSIONS DE DECEPTIONS

Grande, blonde, des yeux bleus perçants, un bronzage raffiné, elle évoque avec un accent anglais et un humour glaçant, son testament.

 

A 50 ans, lorsqu'on a vu de nombreux parents et amis mourir, lorsque l'on est à son tour en premièe ligne dit-elle, il est temps de tester.

 

Que veut -elle dire ? Qu'il est temps de partir, pour elle aussi ?

Je la rassure, elle a encore de beaux jours devant elle. Mais effectivement, un accident est si vite arrivé.

Célibataire, sans enfant, psychanalyste, je lui propose de léguer ses biens à diverses associations   ou fondations prêtes à recueillir sa succession et aptes à respecter ses volontés.

Mais non, elle tient à léguer à ses frères et soeurs, les biens qu'elle laissera lorsque le temps sera venu.

Je me permets de rétorquer qu'ils devront régler, étant donné la fiscalité française en vigueur, des droits de succession au taux de 35 % jusqu'à 23.000 euros et 45 % au delà.

Une association pourrait délivrer des legs particuliers et régler lesdroits.

Je ne peux la convaincre. Elle souhaite très fermement exhéréder certains de ses frères et  soeurs, et  en instituer deux pour ses légataires universels.

Je lui confie donc un modèle à sa demande, Elle recopie, me laisse son manuscrit et s'enfuit comme une enfant, son devoir rendu à sa maitresse, non sans avoir préalablement discouru de l'âme humaine.

 

Trois mois plus tard, j'apprends de ses légatairesuniversels qu'elle a lutté bravement contre la maladie qui la rongeait, mais que lassée, elle s'est jetée du 23ème étage d'un immeuble londonien.

Je voyais cette dame saine, propre , pas coquette, mais naturellement élégante. Je n'ai su que penser en pénétrant en son domicile pour faire l'inventaire du mobilier.

Le local était étonnant, un ancien immeuble construit au bord d'une voie ferrée, en matériaux de troisième choix, au 19ème siècle, pour héberger les ouvriers batisseurs le temps de la construction de la voie ferrée, destiné à être démoli après usage, mais toujours en place plus de 100 ans après.

Les termites rongeaient tant l'immeuble que le parquet et les meubles de la défunte. Les trois pièces qui constituaient le logement étaient exigües, étroites, aérées de petites fenêtres qui peinaient à se fermer.

De nombreux livres sur des étagères de bois, ou empilés par terre recouvraient la majeure partie du logement. La moquette grise, tachée, usée, décollée, arrachée par endroit, couvrait à peine les dégâts des insectes xylophages.

Quelques objets africains vaudous, australiens, et indiens étaient regroupés, sur de petites tables basses improvisées, fabriquées à l'aide de bobines, ou de caisses de vin.

Le salon était la chambre ou le contraire. Il n'y avait pas véritablement de lit, mais un canapé qui faisait office, une simple couverture, et de nombreux livres autour, comme pour enfermer le canapé, ou agrandir le lit.

La pièce humide, surtout, m'a choqué. l'une des soeurs m'indiquait que nous ne pouvions pénétrer dans cette pièce aveugle étant donné l'obscurité, je saisis une ampoule, d'une main, de l'autre, la lampe et j'allumais.

Quelle ne fut pas ma surprise : cette pièce de 4 mètres carrés constituait d'un côté la salle de bain au moyen d'une petite baignoire sabot et de l'autre la cuisine, au moyen d'un évier ancien, une pierre, et d'un miro onde sur une étagère accrochée au mur.

Le ketchup figurait parmi les produits de toilettes et vice et versa.

 

La cave aussi nous étonna,creusée à même le roc, elle aurait pu conserver le vin à merveille, mais elle était  chaude, couverte de salpêtre, de mousses et de champignons.

 

Nous fûmes bien contents, tous, de rentrer chez nous ce soir là, et de dormir dans notre petit lit douillet.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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