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Le blog de ACHILLE - Chroniques Notariales
un clerc divorcé qui se noie dans les problèmes de divorce de ses clients

Je suis contre l'abattement à cent mille euros

ACHILLE #actualité et autres blogs

Je suis contre l'abattement à cent mille euros. Quand l'abattement est passé de quarante six mille à cent cinquante mille euros, j'aurais embrassé tous mes clients de bonheur. 

Plus de soucis, plus de droits de succession non mérités. Oui, je sais, je prends parti. Un tout petit peu. Juste pour dire qu'avant, même un studio était taxable aux droits de succession. J'entendais toute la journée les mêmes mots : mes parents ont trimé et payé des impôts toute leur vie, pour nous laisser quelque chose, et voici que l'Etat prend sa dîme, comme un héritier à part entière. J'ai beau dire que nous avons de bonnes écoles,  de bonnes routes, de bons hôpitaux, cela ne panse pas la plaie. Je finis toujours par répondre : on n'est pas sur terre pour hériter.
Mais les malins me rétorquent : on hériterait alors des tares, des soucis génétiques, et pas des bonnes choses ? Je me dois donc d'ajouter en fonction de l'humeur, que tel client à hérité des beaux yeux de sa mère, que tel autre à hérité du talent de son père. Ce ne sont que des exemples, et je me garde bien de dire qu'untel a hérité du caractère ou des oreilles décollées de son aïeul. 
Il est parfois difficile de ne pas faire de gaffes. 
Pourquoi répondre ? Il me semble important que l'on sache que l'héritage n'a pas été le lot commun de toutes les sociétés, et que si vos parents vous laissent quelque chose, c'est réellement une chance. Tant n'ont que des dettes et leurs yeux pour pleurer. 
Hériter d'une éducation, d'un savoir faire, d'un mode de pensée, c'est également profiter de l'écume blanche laissée par la mort. S'en inquiète-t-on avant le décès? S'en rend-on compte? Je n'en suis pas si sûr. 
Toujours est-il que je dormais mieux quand l'abattement était à cent cinquante mille euros. Deux parents, deux enfants, six cent mille euros. À ce prix là, les maisons et appartements n'étaient pas taxés, seul le superflus l'était. 
Désormais, deux parents, deux enfants, font quatre cent mille euros d'abattement. C'est un effort, mais six mois pour trouver des fonds pour payer les droits de succession, vendre la maison car la banque ne prête pas, ou parce que de toutes manières, même en utilisant le paiement fractionné, on n'y arrivera pas. Alors on vend. On n'a pas assez pour racheter quoi que ce soit avec ce que laisse le trésor public et le partage avec le frère ou la sœur. On mangera tout, on vivra confortablement, ou encore, on économisera. Les sous de papa, ils serviront aux enfants, ils pourront peut être, eux, acheter, ou alors quand on sera vieux, un petit bout de terrain avec une maisonnette à vingt minutes de la mer, à la campagne. 
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