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Le blog de ACHILLE - Chroniques Notariales
un clerc divorcé qui se noie dans les problèmes de divorce de ses clients

LA CHASSE AU TRESOR

ACHILLE #SUCCESSIONS DE DECEPTIONS
  • Que fais-tu ?

  • Rien.

  • Mais je vois bien que tu fais quelque chose, tu n’arrêtes pas de bouger dans toute la maison, tu vas frénétiquement d’une pièce à l’autre et tu fais des traces sur le lino avec ton déambulateur.

  • T’inquiètes.

  • Ben oui j’m’inquiète, c’est moi qui nettoie.

  • Laisse-moi tranquille.

  • Pas tant que tu ne m’auras pas dit ce que tu fais.

  • Je joue au Da Vinci Code.

  • Mais ce n’est pas un jeu, c’est un film.

  • Ce n’est pas un film c’est un livre. Toi le jour où tu te plongeras ton nez dans un livre, il y aura bien deux cent mille euros à la clé.

  • Je me contenterais de moins. Dis-moi donc à quoi tu joues.

  • Je prépare un jeu de piste pour les enfants.

  • C’est sympa, mais à leur âge,  l’un et l’autre chargés de famille, chacun à un bout de la France,  je pense qu’ils ont passé l’âge de ces gamineries.

  • Ce ne sont pas des gamineries, c’est la chose la plus sérieuse que j’ai faite depuis de nombreuses années, l’aboutissement de centaines de nuits de cogitation.  Pousse toi, tu me gênes.

  • Je gêne Môssieur !

  • Oui, écoute, occupe-toi du ménage et laisse moi, c’est important.

  • Je peux t’aider ?

  • C’est vrai qu’à raison de mille cinq cent euros par mois pour passer la serpillère et me faire un potage, tu peux peut-être devenir rentable.

  • Merci.

  • Bon,  tu seras mes jambes. Compte combien de pas il faut faire pour aller du réfrigérateur à la cuisinière, de la cuisinière à la porte, et de la porte à la cheminée du salon. 

  • Tu veux des pas comment ?

  • Je veux des pas comme toi.

  • Bel humour mais il en faut bien des comme moi. Sans rire, de grands pas, de petits pas ? 

  • Des pas moyens, comme quand tu marches dans la vie. Comme marcheraient les mômes.

  • Ok, cela fait 4, puis 5 puis 8.

  • Bon on va dire 4, 5 et 9, cela fait DEI, donc dieu, donc nom de Dieu.

  • Ne jure pas.

  • Je ne jure pas, je crée une énigme.

  • Mais sans rire, jamais tes enfants, si tu mets nom de Dieu dans ton papier sur le frigo, ne vont comprendre qu’ils doivent aller jusqu’à la cheminée, franchement, personne ne pourrait comprendre cela, tu deviens fou.

  • M’en fous, quand je serai mort, Ils auront tout leur temps. Et s’ils vendent la maison sans avoir trouvé, ce sera pour les ouvriers ou pour les acquéreurs. Cela leur fera les pieds.

  • Mais ces gens-là ne méritent pas que tu leur tendent un piège. 

  • Tu ne comprends rien, ce n’est pas un piège, c’est une récompense. Cela fera les pieds des enfants si quelqu’un d’autre les trouve.

  • Trouve quoi.

  • Cela ne te regarde pas.

  • Je sais bien, je demande. Mais mince tu les aimes, tes enfants, tu ne vas tout de même pas t’amuser à mettre tes économies dans la cheminée. D’abord elles vont brûler. 

  • D’abord cela ne brûle pas, ça fond. Ensuite ce ne sera pas dans la cheminée. Dans l’âtre, je ne mettrai que le premier indice.

  • Mais s’ils font du feu, ils ne le trouveront pas.

  • Si, parce que je l’ai mis derrière la trappe d’ouverture du conduit. Comme cela, ou ils font du feu et ils sont enfumés, ils l’éteignent aussitôt, ou ils vérifient avant, ce qui serait tout de même plus intelligent de leur part, mais tu as raison, il faut également que je prévois toutes les bêtises. En cherchant à ouvrir, ils voient que cela bloque et débusquent l’indice.

  • Astucieux. Et tu vas loin comme cela ?

  • J’ai trouvé cinq étapes, mais j’aimerais bien poursuivre.

  • Et c’est quoi le trésor ?

  • Flûte.

  • Mais dis moi quoi, j’ai bien compris que ce n’était pas pour moi, cependant il vaut mieux que je sache pour leur dire s’ils ne trouvent pas.

  • Hors de question, ils trouveront. Et puis toi t’as ma carte bleue, de quoi tu te plains encore ?

  • Je ne me plains pas, je voulais seulement être la bouée de secours. 

  • Ca pour une bouée, t’en es bien une ! 

  • Et puis ta carte c’est pas un cadeau, ils vont me tomber dessus dès que tu seras mort pour me faire recracher le morceau.

  • Mais non, d’abord, pas si tu les aides pour la chasse au trésor et puis je me suis renseigné, l’instit qui habite à côté m’a bien dit qu’on pouvait faire ce qu’on veut avec sa carte bleue. Comme ça tu paieras pas de droits de succession, ils l’ont dit dans le journal.

  • Merci. Bon alors tu le craches le morceau ? T’en meurs d’envie.

  • Et toi tu meurs d’envie de savoir.

  • Allez dis moi, c’est quoi c’t’histoire ?

  • J’ai laissé des sous sur le compte pour toi et j’ai soldé mon assurance vie et le compte sur livret. Ah oui j’ai aussi fini le pea. Il était bien vieux, pas de problème pour les impôts, j’aurai juste la csg à payer.

  • T’as plus confiance aux banques ?

  • Ben tu as vu, avec la faillite de la Grèce, et tout ce qu’on dit sur les banques et l’euro. J’ai tout enlevé. 

  • Et tu l’as caché où ?

  • Attends, je les ai transformé en or, un vrai alchimiste !

  • T’as fait comment ?

  • Ben j’ai acheté des lingots, pute borgne, tu ne comprends pas vite.

  • Si, il faut juste m’expliquer longtemps, et ils sont où là ? J’en ai jamais vu...

  • A toi de chercher avec les indices.

  • Ah flûte, ne me fais pas ça !

  • Mais eh oh, pour qui tu te prends, t’es que la femme de ménage ? 

  • Ouais, bien docile, et même le dimanche, et au black en plus.

  • Tu veux pas que je te reprenne la carte bleue et que je paie l’urssaf non plus !!!

  • Ben pourquoi pas.

  • Oh arrête, tu me fais mal au ventre.

  • C’est ton cancer, c’est pas moi !

  • Merde !

  • Crotte !

  • T’as pas une taf ?

  • T’as pas le droit.

  • M’en fous.

  • Bon Dieu tu me les montres...

  • Cherche.

  • Ferme les yeux et compte jusque’à 20.

  • Ok.

  • Tiens, les voilà, mais putain que c’est lourd.

  • Putain comme tu dis, comment t’as trouvé ? 

  • Je te connais, c’est là que tu cachais tes bouteilles.

  • Bon alors ils trouveront facilement hein ?

  • Ouais, t’as raison.

  • Bon j’ai un coup de barre là d’un coup et j’ai vraiment mal.

  • Attends un peu, vas te coucher, je vais te faire ta morphine, ça ira mieux, on cause, on cause, mais c’est l’heure l’air de rien.

  • Oui, tiens tu as raison.

  • Allez, dors un coup, je reviens ce soir pour le dîner.

  • Tu me fais un bouillon bien chaud hein ? 

  • Oui, sinon je le réchaufferai ici t’inquiètes. Finis donc ta cigarette avant de dormir.

  • Ouais ouais, à toute... Heu, tu peux remettre les lingots dans leur cachette ?

  • Oui t’inquiète

  • Ca tait trois fois que tu le dis. 

    T’inquiète... (à suivre)

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