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Le blog de ACHILLE - Chroniques Notariales
un clerc divorcé qui se noie dans les problèmes de divorce de ses clients

LA SÉDUCTION ou LA CONFIDENCE.

ACHILLE #La Comédie du Divorce

Il y a bien longtemps que je ne séduis plus mes clientes. Encore, ai-je un jour pu les séduire ?

Quand j’étais jeune clerc, la timidité me frappait comme la foudre à chaque rendez-vous. Immédiatement, la sueur envahissait mon crâne au point de former avec mes cheveux de petites stalactites en forme de bâtonnets noirs, graisseux qui suintaient, m’obligeant à m’éponger le front sans cesse, sous peine de laisser sur le papier, les actes ou mes clients, des gouttes du plus mauvais effet.

De même, mon visage, mon cou se couvraient de plaques rouges, irritantes, qui m’affublaient de tics, mon col et ma cravate figurant deux instruments de torture m’obligeant à diverses contritions pour apaiser la démangeaison. La quarantaine m’ayant toisé, ou plus simplement scalpé, ne reste de ma toison qu’une couronne rappelant de près ou de loin les moines, ceci étant à peine amplifié par un léger embonpoint qui m’a rattrapé à la cinquantaine. Pour cacher ces plaques disgracieuses, l’âge aidant, j’ai opté pour le collier de barbe qui prend en vieillissant une teinte nettement plus blanche que le reste de mon pelage, me donnant l’air d’un vieil ours râpé.

Je pense sincèrement que c’est ce nounours qui recueille toutes ces confidences, comme une peluche disgracieuse, un doudou, auquel les clients confient leurs secrets. Le clerc de notaire n’y est pour rien, encore moins l’homme qui d’ailleurs gêne parfois l’épanchement, lorsque la schizophrénie aidant, mes clients reconnaissent plusieurs personnages en moi.

La confidence n’est pas aisée en notre société. Le confident n’est plus le prêtre. Nous n’allons plus à confesse, n’ayant de même plus la même notion ni la même peur du péché. Nombreux sont d’ailleurs mes clients infidèles qui s’exonèrent de cette faute, la reportant sur le conjoint fidèle, un peu trop naïf ou paresseux puisque n’ayant rien fait pour les retenir.

J’étais d’accord pour la suppression de la notion de faute dans le mariage, pouvant engendrer un « droit au divorce », conséquemment un « droit à indemnités ». La violence pour moi, qu’elle soit morale ou physique, doit se juger, combattre, punir, traiter à l’extérieur du cadre juridique du divorce. En correctionnelle par exemple. Je ne sais si cela permettrait aux conjoints maltraités d’agir, d’obtenir satisfaction plus vite, ou si au contraire, cela les enfermerait dans leur réserve comme il m’est rétorqué parfois. Je ne suis pas spécialiste, ni psychologue.

De toute manière, sachant que la répudiation officielle existe maintenant en droit français en matière de PACS[1], tandis que celui-ci ressemble de plus en plus à un mariage, n’y a-t-il pas lieu d’harmoniser les deux, en prenant les caractéristiques les meilleures de l'un et de l’autre, en créant un mariage pour tous, différent ou même sexe. Notre société est sans doute prête, ayant assimilé le PACS tant bien que mal - je dirais désormais plutôt bien. Disant cela, je suis bien conscient d’avoir une vision terre-à-terre des choses et urbaine plus que provinciale.

* * *



[1] Pacte civil de solidarité. Voir infra « Le divorce des pas mariés ».

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