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Le blog de ACHILLE - Chroniques Notariales
un clerc divorcé qui se noie dans les problèmes de divorce de ses clients

LA VIOLENCE.

ACHILLE #La Comédie du Divorce

« La violence sucrée de l'imaginaire console tant bien que mal de la violence amère du réel. »

Roland TOPOR

 

Aujourd’hui, c’est le silence. Dans l’Étude, on n’entend plus que le feulement de la photocopieuse.

Même pour converser, nous murmurons.

C’est étrange cette connivence entre nous lorsqu'une chose importante se dessine.

Cet après-midi, mon patron signe un partage après divorce.

Non pas que le montant soit élevé, ou que l’affaire soit compliquée.

La difficulté de ce dossier tient uniquement à la personnalité des protagonistes.

Le rendez-vous est fixé depuis longtemps, à un quart d’heure de différence pour l’une et l’autre des parties.

Cela fait quinze ans que mon patron a le dossier en main. Cette fois-ci, il y croit.

C’est sûr, on tient le bon bout. Ils vont signer, impossible d’imaginer un nouvel obstacle si ce n'est les sautes d’humeur de nos clients.

Chacun définit son rôle dans la pièce.

Il y a ceux qui restent en coulisse et ceux qui apparaîtront sur le devant de la scène.

On a préparé le décor également : Un bureau en bas, juste à côté de l’accueil, l’autre au premier étage. L’un est chargé de guetter l’arrivée du premier, qu’il accompagnera immédiatement, sans un mot dans l’escalier, jusqu’au bureau du haut. Quelqu'un fera le guet pour qu’il n’en sorte pas. Un autre attend l’arrivée du second pour l’installer dans le bureau du bas. Aucun autre rendez-vous n’a été pris pendant le même temps, pour ne pas risquer des perturbations intempestives, ne pas gêner les acteurs.

Mon patron reçoit Madame en bas. De mon côté, je suis en haut avec Monsieur.

L’arrivée d’une secrétaire avec une bouteille d’eau et des verres signifie : Ils négocient encore.

L’arrivée de la secrétaire avec un sous dossier : elle refuse de signer.

L’arrivée de la même secrétaire sans rien dans les mains : elle a signé.

Les secrétaires veulent bien toutes entrer dans le bureau du haut, aucune ne veut attendre devant le bureau du bas. Finalement on la joua à la courte paille et le sort tomba sur la plus jeune.

On a même prévu les commodités. Elles seront gardées par le petit clerc, ne pourront y pénétrer qu’une personne à la fois. On pense que sa stature est assez convaincante pour qu’il soit renoncé à toute tentative.

À l’entrée du sous-sol, où se situent les archives, un clerc aussi a été choisi pour son gabarit.

À la caisse, taxateur, aide-comptable se tiennent prêts à parer à toute éventualité.

Le souci est que la porte les séparant de l’accueil est en verre. On ne va tout de même pas en venir à mettre devant des sacs de sables comme à la guerre !

Nous avons hésité à fermer le standard, tout de même, il ne faut pas exagérer.

La standardiste a seulement ordre de ne passer aucun appel aux acteurs pour quelque raison que ce soit, afin de ne pas les déconcentrer.

Ier acte : Tout se passe comme prévu.

Madame entre en premier. Mon patron pourtant pas un nain, semble fluet à côté de cette "matrone hystérique".

IIème acte : Je fais vite monter Monsieur dans le bureau, chaque marche me semble une éternité devant son pas pesant. Il entre finalement. Je le prie de s’asseoir. Il s’affaisse dans le fauteuil.

Je n’en crois pas mes yeux. Je ne l’avais jamais vu de près, c’est toujours mon patron qui s’occupait d’eux. Je suis trop jeune pour m’occuper de dossiers sensibles me dit-il toujours. Il ne parle que de ce dossier-là. Dans notre jargon, les vieux dossiers insolubles sont appelés les dinosaures. On sabre le champagne quand on en résout un.

Il tremble de tous ses membres. De joie me dit-il. C’est un homme usé, abîmé, éteint. Des traces de brûlure de cigarette, d’autres cicatrices que je sais être des morsures, un bras cassé, un œil de verre, sont les souvenirs physiques qui lui resteront de son union ou plutôt de sa désunion. Je ne connais pas le quart des violences orales. Les procès verbaux ne retracent pas la guerre des mots, des gestes, le chantage aux enfants, les moqueries sordides, l’humiliation.

Le moins que l’on puisse dire est qu’il l’avait dans la peau pour accepter tout cela pendant si longtemps.

Je n’ai jamais rien compris aux relations sadomasochistes. Je suis bien trop douillet pour cela, à la limite de la sensiblerie même.

De grands éclats de voix se font entendre, puis s’apaisent.

Je fais la énième lecture de l’acte à Monsieur.

Pendant cette procédure, avant, après le divorce, des dizaines d’avocats se sont épuisés de part et d’autre.

Il fallait oser défendre Madame sans risquer sa peau, défendre Monsieur contre lui-même.

Plus personne finalement ne s’est présenté, les frais d’avocats ont été si élevés que les quelques liquidités communes ont fondu comme peau de chagrin.

Mon patron a écouté Monsieur lui dire qu’il voulait tout abandonner pour avoir enfin la paix, partir au loin dans un pays étranger, disparaître, changer d’identité.

Puis mon patron a entendu Monsieur affirmer qu’une fois dans sa vie, il fallait qu’il ne fût point un lâche.

Madame de son côté jouait également à la girouette, tenant tête à tous, contredisant chacun, même lorsque la parole prononcée allait dans son sens.

Reprochant à Monsieur des sévices qu’elle lui infligeait. Demandant force procès verbaux de difficultés, allant, revenant maintes fois du Tribunal, ou de la Cour d’Appel, même, on ne sait jamais, de la Cour de Cassation. Tant sur le prononcé du divorce, que sur le partage, tantôt sur la maison, tantôt sur un soit-disant lingot qui n’a sûrement existé que dans sa tête. Parfois sur la garde des enfants, même majeurs, qui ne tente rien n’a rien.

Madame refusait même chaque chose qui aurait pu être faite pour son bien.

Le bien de Madame, c’était Monsieur.

Elle avait trouvé le punching-ball idéal. Celui qui dit « frappe-moi », qui aime cela.

La tête de turc formidable, une vraie pâte à modeler qu’elle pouvait malaxer selon ses goûts.

Le souffre-douleur qui dit « non je ne souffre pas, c’est ma femme qui est malheureuse. »

La secrétaire entre sans même frapper, les larmes aux yeux. Je pense aussitôt à un drame. Heureusement, elle est suivie de mon patron qui entre en courant dans le bureau, la minute en main, pour la faire signer à notre client.

Vite, je descends dans le bureau du bas pour ne pas laisser plus d’une minute Madame toute seule. Les transferts de fonds s’effectuent avec la rapidité de l’éclair. Longtemps encore après, je rappelais à notre comptable combien il pouvait aller vite quand il fallait pour établir un mouvement comptable et deux chèques. S’il avait pu faire pareil dans tous les dossiers, nous n’attendrions pas trois heures pour délivrer les prix de vente à nos clients.

IIIème acte : Madame sort très vite de l’Étude, sans mot dire.

Nous pensons qu’elle est lassée, qu’elle capitule enfin.

La standardiste regarde par la fenêtre, cachée par les rideaux, regarde traverser Madame, la voit fouiller dans son grand sac. Elle est de dos. Que fait-elle ? Elle reste plantée là.

Le troisième acte semble compromis.

Enfin, l’impatience aidant, elle se met à bouger un peu, se tourne de côté, laissant apparaître l’instrument de torture qu’elle a dans les mains.

« Une chaîne de vélo ! » Crie-t-elle à la cantonade !

La cantonade m’appelle.

Je me charge de Monsieur qui descend avec moi à la cave. Je me fais accompagner du guetteur des sous-sols. Nous traversons les archives, aboutissons dans le garage.

Là, nous prenons la porte de derrière, destinée plus habituellement aux poubelles, que nous avons affublé pourtant de ce nom pompeux, ô combien exact aujourd’hui, de « porte de secours ».

Monsieur se traîne avec nous au commissariat pour la énième fois.

Les agents de police, dix minutes plus tard, l’air de rien, accostent Madame, l’interrogeant sur la destination de l’instrument qu’elle a dans les mains.

Madame rétorque tout simplement qu’elle attend Monsieur pour lui demander s’il peut l’aider à graisser la magnifique chaîne de la bicyclette de son fils…

* * *

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gabriela melina 22/02/2018 11:28

Je me sens à nouveau béni dans mon mariage après que le Docteur OGODO ait ramené mon mari séparé de moi pendant 6 mois. Suis GABRIELA par son nom. Même si j'ai des bouches partout sur le corps, ce ne sera pas suffisant pour remercier le Docteur OGODO pour son aide dans ma vie. Mon mari s'est séparé avec moi pendant les 6 mois et a été dans les douleurs et l'agonie sans lui. Donc, j'ai cherché de l'aide partout mais rien n'a fonctionné jusqu'à ce que j'ai rencontré le docteur OGODO que j'ai contacté en ligne. Je lui ai expliqué ma situation et il a promis que mon mari me répondra dans les 24 à 48 heures pour autant que mon cœur bat encore pour lui. J'ai cru en lui et il a préparé un sort pour moi et mon mari m'a appelé exactement quand le docteur OGODO a dit. Il a plaidé et a dit qu'il avait besoin de moi et maintenant nous vivons à nouveau heureux pour les 9 derniers mois. Tout le monde lisant mon article qui a besoin d'aide devrait le contacter ... Email. Docteur OGODO via ogodomikespells@gmail.com pour plus d'informations
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