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Le blog de ACHILLE - Chroniques Notariales
un clerc divorcé qui se noie dans les problèmes de divorce de ses clients

LE MILLEFEUILLE.

ACHILLE #moi

oeil de ma cliente

Ma cliente me surprend en début d’après-midi, portant quelques traces de poudre blanche sur le haut de mon costume, au coin de la bouche, dans ma barbe. Je rougis, sentant la chaleur me monter au visage, la prie de m’excuser, me précipite aux toilettes pour enlever les traces suspectes formant aveu de mon addiction.

De retour dans le bureau, ma cliente m’interrompt lors d’un exposé sur le bilan de la société d’exploitation d’une pharmacie dont son mari était associé.

  •  

  • Maître GASTON, entre nous, que vous est-il arrivé ?
  •  

J’écarquille les yeux, ne réponds pas.

Je continue mon soliloque juridique.

Maître GASTON, depuis le temps que nous nous connaissons, vous pouvez bien me le dire.

  •  

  • Que voulez-vous dire ? 
  •  

Ce qui vous a mis dans cet état.

Je m’interroge sur sa curiosité, quel intérêt peut-elle y trouver ? Je ne vais pas lui avouer mes secrètes envies.

  •  

  • Je ne comprends pas, Madame, je suis dans un état tout à fait normal. 
  •  

Me voici reparti à tenter de lui expliquer les anomalies rencontrées à la lecture des documents comptables de la société.

  •  

  • Maître GASTON, je ne partirai pas tant que vous ne m’aurez pas dit. 
  •  

Je sens mon cœur flancher. Une crise d’angoisse profonde m’envahit. Elle ne pense tout de même pas que cette poudre soit autre chose, non, pourquoi le penserait-elle ? Si elle pensait que je me drogue… Si elle me dénonçait calomnieusement, pensant bien faire en retirant un être faible et couard de la société. Après tout, j’assume, ç’aurait été un homme ou même quelqu’un d’autre, juste quelqu’un d’autre, j’aurais immédiatement expliqué le pourquoi de cette poussière.

  •  

  • Monsieur GASTON, aimez-vous les pâtisseries ou les confiseries ? 
  •  

     

  • Madame, ce midi, j’ai dégusté un millefeuille en guise de déjeuner, veuillez me pardonner. Le sucre glace aura volé en tout sens, je ne m’en suis pas rendu compte. Il y avait bien longtemps que je ne m’étais pas permis telle gourmandise. 
  •  

     

  • Monsieur GASTON, vous êtes entièrement pardonné bien entendu, je ne sais de quelle faute d’ailleurs, c’est au contraire une bénédiction de rencontrer un gourmet raffiné dans ce monde. De quelle manière appréciez-vous le millefeuille ? 
  •  

     

  • Je détache chaque feuille, les déguste une à une, à la main, croquant dans le feuilleté avec force pour entendre ce bruit sublime de la pâte qui se brise dans la bouche. Je noie mon palais de crème pâtissière, je mange la couche du dessus en dernier, m’amusant à souffler sur le sucre glace avec mon nez, et vous ? 
  •  

     

  • Je n’apprécie pas le millefeuille à sa juste valeur. En revanche, je suis hypnotisée par un baba au rhum. 
  •  

* * *

 

 

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