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Le blog de ACHILLE - Chroniques Notariales
un clerc divorcé qui se noie dans les problèmes de divorce de ses clients

ŒIL POUR ŒIL.

ACHILLE #La Comédie du Divorce

 

S’il est bien normal de se défendre, l’on ne se défend bien que si l’on est lucide, sans désir de vengeance, lorsque l’on est objectif, si possible parti pris, je veux dire sans accusation même justifiée envers l’autre.

La technique dite « œil pour œil dent pour dent », fait ressurgir sans fin peines et angoisses. Comme dans un jeu où tout serait possible, jusqu’à la mort…

Il arrive que l’un des époux soit devenu réaliste, tandis que l’autre cherche toujours à se venger, parfois en utilisant les enfants ou les tiers. 

L’aberratio ictus  est un coup bas, volontaire, porté de manière que la victime soit un autre que la personne visée.

Les enfants gardent la blessure au fond d’eux, ne pouvant pas toujours exprimer qu’on les manipule.

Les tiers, parents, amis, se coupent parfois de l’un des conjoints, en ayant juste entendu l’autre.

J’ai le souvenir de ce Monsieur qui était parti, laissant une épouse et trois enfants, après un mariage très jeune, trente ans de vie commune, parce que Madame estimait que, passé l’âge de faire des enfants, on pouvait faire lit à part, chambre à part, amour à part. Monsieur ne l’entendant pas de cette oreille, tenta vainement toutes approches et séductions.

Il arriva qu’une personne aimante s’immisça dans la vie de Monsieur, petit à petit, jusqu’à devenir indispensable. Monsieur tenta bien d’y résister, mais son épouse ne l’en découragea pas. Je dirais même qu’au contraire, pendant qu’il était avec cette personne, elle était tranquille. De plus Monsieur ayant été licencié, ne trouvant pas de nouvel emploi, il est clair qu’il traînait lamentablement dans les pattes de sa femme, comme un vieux chien battu, ce qui lui déplaisait fortement. Madame, n’ayant plus de sentiments pour Monsieur, voulant cependant à tout prix conserver les apparences, ne souhaitait en aucun cas vivre une séparation, encourageant son mari à baguenauder. Monsieur était trop franc, trop entier pour vivre cela plus longtemps. Il partit un jour, demanda le divorce, fit de longues lettres d’explications à chacun des enfants et des membres de sa famille. Mais l’aberratio ictus fut porté par son épouse, et ce client devint le paria, le goujat, ne revit plus jamais ses enfants, ni ses parents, ni ses amis anciens qui ne comprirent jamais qu’ils étaient victimes des coups de Madame et non de Monsieur.

Mon client dut reconstruire toute sa vie, le juge ne l’aida pas non plus, estimant qu’entre « pratiquants », l’époux doit obligatoirement acquiescer, et accordant à Madame tout ce qu’elle voulait, maison, économies, à titre de prestation compensatoire. Comme on dit, adieu la valise et le sac à main. Monsieur ne contesta pas. Je suggérais à Monsieur de faire un enfant avec sa nouvelle compagne, souhaitant juste que sa famille comprenne ce que veut dire « autocritique », que ses trois grands enfants comprennent que l’on peut aimer envers et contre tout.

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