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Le blog de ACHILLE - Chroniques Notariales
un clerc divorcé qui se noie dans les problèmes de divorce de ses clients

UN CAMARADE DE CLASSE

ACHILLE #SUCCESSIONS DE DECEPTIONS

 

Ma fille reçoit un courrier écrit à l’encre bleue des mers du sud. En quelques mots joliment tournés, un jeune amoureux évoque son penchant pour sa beauté, cite une chanson de TOKIO HOTEL, et l’invite à sortir avec lui. Ma fille, émue par cette déclaration mais gênée par sa non-réciprocité, remercie à l’encre violette du compliment, mais engage le jeune homme à rechercher ailleurs l’âme sœur. Je retrouve trois jours après les essuie-glaces de ma voiture retournés. Ma fille le soupçonne, l’ayant vu s’éloigner de mon véhicule sans avoir remarqué ce léger détail. Je la laisse parler de ce personnage. Très étrange pour elle, très intelligent, il avait subtilisé sa copie au lycée, pour vérifier le style et la compétence de sa potentielle future petite amie. Mais le professeur l’avait remarqué et avait mis en garde ma fille. Celle-ci au cours d’une conversation lui avait demandé ce qu’il comptait faire plus tard. Il avait répondu que son père étant un très important ingénieur, il n’avait aucune ambition car il ne pourrait faire mieux. Il ne cherchait donc pas une formation longue mais un C.A.P. ou un B.E.P. 

Ma fille ne comprit absolument les raisonnements étranges et butés de son camarade de classe et bien qu’il soit charmant et intelligent, elle refusait catégoriquement d’approcher de près ou de loin de ce garçon. Deux ans plus tard le père de ce jeune homme me charge du règlement de la succession de son épouse. Sa mère était dépressive depuis de nombreuses années, ayant appris qu’elle était atteinte d’un cancer, elle s’est suicidée ; Son fils lui fait confiance. Il ne se déplacera pas il signera une procuration. La succession se passera très simplement très facilement, je ne verrai jamais l’unique héritier. La succession se composera d’une maison et d’un peu de placement financiers.

Deux ans plus tard, le père décède, le fils me rend visite pour me charger du dossier. Il vend tout, et s’installe en campagne, achète une licence IV et ouvre son bar. Il a décidé de ne plus travailler, et de ne vivre que des intérêts du prix de vente de la maison et des comptes. Il est toujours célibataire, vit chichement sur l ‘héritage des parents. Ils ont travaillé toute leur vie pour me laisser un héritage. Il est normal que je m’en serve pour vivre.

 

Sa mère faisait partie d’une secte qui interdit toute transplantation, et transfusion. Aussi, quand elle a appris sa maladie, elle  su qu’elle était perdue, son mari étant déjà décédé quelques années auparavant pour avoir refusé de se soigner par ces voies.. Elle fait tout pour être arrêtée et accompagnée de ses enfants, elle part vivre ses derniers jours dans un pays lointain, ensoleillé, où la mer lèche les pieds des passants. Ils vivent tranquillement, sans école, sans attache, utilisant les économies, et les prestations maladie puis longue maladie, pour se loger et se nourrir. Lorsque la mère meurt un matin, sur la plage, au soleil, les enfants sont rapatriés dans leur village d’origine et hébergés chez leur oncle. Celui ci déménage, pour habiter chez la mère, donc chez les enfants. Etant lui même de la même secte, les préceptes d’éducation seront sauvegardés me disent les membres du conseil de famille. Lorsque l’aîné devint adulte, un  an après la mort, il décida de vendre la maison. Plusieurs prétextes me sont avancés : conserver cette maison n’est pas utile, elle coûte de l’argent. l’oncle l’utilise gratuitement, c’est injuste. J’ai besoin de mon héritage pour démarrer dans la vie, c’est la seule chose que m’a laissée ma mère. J’ai besoin de fonds je veux faire une formation de maître chien. Pour mon petit frère, ce sera bien, on demandera au juge un bon placement pour qu’il ait le capital et les intérêts à sa majorité. Mon oncle l’hébergera chez lui, c’est un juste retour des choses. Malgré mes atermoiements, la maison fut vendue, l’aîné s’acheta une voiture de sport extrêmement chère, finit sa formation de maître chien, avança qu’il ne trouvait pas de travail, acheta une licence IV et ouvrit un bar en Savoie. Il perdit sa belle voiture dans un accident, confondit les comptes du bar avec ses comptes personnels, et la cave avec son gosier, fut saisi et je n’entendis plus jamais parler de lui.

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