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Le blog de ACHILLE - Chroniques Notariales
un clerc divorcé qui se noie dans les problèmes de divorce de ses clients

TROP TARD

ACHILLE #La Comédie du Divorce
« Le mariage, tel qu'il existe aujourd'hui, est le plus odieux de tous les mensonges, la forme suprême de l'égoïsme. »
Léon TOLSTOÏ, La sonate à Kreutzer.

 

Le journal arrive le matin, remis par le petit clerc à mon patron. Celui-ci lit d’abord les pages des sports ainsi que la rubrique nécrologique. Le moral du comptable est calqué sur l’indice du CAC quarante ; la bourse est sa page favorite. Ma secrétaire prend les recettes de cuisine, la standardiste les mots croisés ou les sudokus. La « clérette[1] » lit son horoscope. La plupart de mes collègues lisent les faits divers. De mon côté, je m’en tiendrais à la page de politique internationale et à la page culturelle, si toutefois j’arrivais à les lire jusqu’au bout. Aussi, n’ai-je pas compris ce soir quand ils m’ont tous assailli de questions après la visite d’une nouvelle cliente.

-         Alors, raconte-nous tout.

-         Qu’est-ce qu’elle voulait ?

-         Comment le prend-elle ?

-         Lui as-tu remonté le moral ?

-         Dis, tu l’as consolée, tu ne lui as pas raconté toutes tes horribles anecdotes ?

-         Elle était en rage, non ?

-         Elle sait des choses ?

-         Elle t’a raconté les détails ?

-         Non, je ne sais pas, de quoi parlez-vous ? Comment la connaissez-vous ?

-         Oh arrête, ne fait pas ton crâneur, dis-nous.

-         Qu’est-ce qu’elle voulait ?

-         Elle voulait divorcer post mortem.

-         Elle voulait quoi ?

-         Elle voulait savoir s’il existe un divorce posthume de même qu’il existe un mariage posthume, c’est tout. 

-         Ah oui je comprends. Elle craque. 

-         Je ne sais pas, elle ne m’a rien dit du tout. Qu’avez-vous, tous, pourquoi avez-vous l’air aussi déçu ? Que devait-elle me dire de si mystérieux, si important ? 

-         Rien, rien… 

-         Alors pourquoi vous attendiez-vous à quelques détails croustillants ? Comment cela se fait-il que vous vous intéressiez à elle ? Moi, je ne la connais pas. 

-         Bê, on voulait en savoir un peu plus que ce qui est marqué dans le journal.

-         Qu’est-ce qui est marqué dans le journal ? 

-         Tu ne l’as pas lu ? 

-         Son mari a tué sa maîtresse puis s’est suicidé, en haut de la tour du centre-ville, dans l’ascenseur, entre le troisième et le quatrième étage. 

-         Vous avez donc les détails, de quoi vous plaignez-vous ? 

-         Dis-nous quand même, tu l’as consolé, que lui as-tu dit ? 

-         Rien d’intéressant.

Je lui ai dit que j’étais désolé mais qu’il n’existe rien de tel, on ne peut divorcer de son mari décédé, que quoi qu’il en soit, elle n’avait pas intérêt à divorcer avec ses enfants mineurs, elle avait au contraire intérêt à faire valoir tous ses droits. Heureusement, je ne connaissais pas son histoire, je ne suis pas sûr que j’eus réussi à être naturel. La journée a été longue. Il est tard, je suis vraiment usé, j’ai les yeux bordés d’anchois. Je rentre, j’ai envie d’un bon bouquin. Comme disait mon père, demain sera un jour nouveau.

* * *



[1] Il n’existe pas de mot pour désigner un clerc de notaire au féminin.

LA PRESTATION COMPENSATOIRE : LES REPONSES DES CANDIDATS A LA PRESIDENTIELLE sur prestation-compensatoire.fr

ACHILLE #actualité et autres blogs

LA PRESTATION COMPENSATOIRE : LES REPONSES DES CANDIDATS A LA PRESIDENTIELLE

8 Février 2012 : Nous commençons ce jour à interroger, via nos adhérents, les candidats déclarés ou potentiels à la présidentielle quant à leurs intentions sur une éventuelle modification des textes régissant la prestation compensatoire dite « ancien régime ».
Nous publierons sur ce site les réponses obtenues à ces questions techniques, non sans noter que les réponses ne sont que des promesses pré-électorales. Et chacun sait la valeur de ces promesses…

Voici les réponses, les deux candidats présents au second tour nous ont répondu. Les textes reçus sont disponibles dans la rubrique téléchargements.

Une analyse brute, non politique  :

1°/ le courrier du 12 mars 2012 de François Hollande

Il est détaillé, précis au début puis il parle de manière plus générale des projets de François Hollande en terme de justice. Le rédacteur semble connaître son sujet, il parle de la Loi de 1975, de la Loi de 2000. Mais il parle de manière inexacte, paragraphe 5, d’un régime transitoire permettant la révision des PC…

Peut être s’agit il du texte que nous connaissons bien, celui de l’article 276-3,  « Révision de la rente viagère » qui dit que « La rente peut désormais être révisée, suspendue ou supprimée en cas de changement important dans les ressources ou les besoins de l’une ou l’ autre des parties, que la rente ait été fixée avant ou après la date d’entrée en vigueur de la loi. »

Si c’est de ce texte que le rédacteur parle, ce n’est pas une bonne transition. Car cette notion de transition a été totalement oubliée dans l’élaboration du texte de 2000 à laquelle nos prédécesseurs avaient, semble-t-il, été associés.

2°/ Le courrier du 16 avril 2012 de François Hollande :

On relève une seule phrase très importante : « je ne peux que partager votre désarroi et je crois nécessaire d’ouvrir un large débat sur la durée de versement de la prestation compensatoire. »  Suivent ensuite des idées plus générales sur la réforme de la justice…

La phrase à noter  est  :

 « Ouvrir un large débat sur la durée de versement de la prestation compensatoire »

Alors si on suit cette idée, pourquoi pas ? A ce jour la PC est versée vie entière, et même au-delà, par les divorcés ancien régime. Les divorcés « nouveau régime » versent une prestation compensatoire qui peut être étalée sur 8 années, encore qu’il nous revienne des jugements où certains avocats ont fait récemment accepter des PC vie entière sans motif légitime…

3°/ Le courrier du 26 avril 2012, signé Guillaume Lambert, Directeur de campagne de Nicolas Sarkozy 

qui écrit :

« C’est la loi de juillet 1975 qui a créé la prestation compensatoire en la distinguant de la pension alimentaire. Depuis, les régles ont, en effet, été modifiées à deux reprises, le 3 juillet 2000 et le 1er janvier 2005 afin d’adapter le dispositif. 

Pour éviter que ne perdurent des situations telle celle que vous décrivez, a été fixé le principe d’un versement en capital immédiatement exigible qui répond aujourd’hui à la plupart des situations. La Loi n’est pas rétroactive, cette nouvelle règle ne peut s’imposer aux divorces prononcés avant le 1er janvier 2005.

Pour autant la révision  de la prestation compensatoire versée sous forme de rente viagère est légalement possible pour chaque personne concernée « en cas de changement important dans les ressources ou les besoins de l’une ou de l’autre des parties ».

La difficulté semble donc résider dans l’application de la procédure de révision. Dès lors, il serait opportun de faire un bilan de cette procédure, afin d’assouplir les règles si cela apparaît nécessaire et ainsi mettre fin aux situations injustes que vous décrivez »

Ainsi, Guillaume Lambert propose de revoir l’application de la procédure de révision. Mais revoir, ça peut vouloir dire : on fait une étude et on conclut qu’il n’y a rien à réformer… Passez votre chemin, continuez à payer.

Nous avons dénoncé de longue date les difficultés importantes qu’ont les divorcés à mettre en oeuvre cette mesure sans être entendus. Oui, certes, le ministère reconnaît que le nombre de demandes de révision diminue considérablement, notion que les avocats confirment. Quant aux motivations, une étude rapide pourrait confirmer ce que nous savons déjà.

Par nos contacts, nos adhérents, nous savons aussi les raisons de ces non demandes de révision :

  • démotivation des divorcés âgés et même parfois refus de plonger à nouveau dans un conflit familial douloureux,
  • pressions inter-familiales pour ne pas rompre l’ordre établi,
  • coût et longueur de la procédure,
  • des juges ne voulant pas revenir sur la chose jugée (par leurs collégues…),
  • des critères d’appréciation très flous de la notion de changement important dans les ressources ou les besoins de l’une ou de l’autre des parties,
  • notion d’avantage manifestement excessif mal précisé aussi, voire mal utilisé (par certains juristes)

Rappelons-nous une idée de 2009 où CD&PC proposait une PC plafonnée en durée (12 années), en montant (Le montant du RSA ou du minimum vieillesse au maximum) et en fonction du revenu de celui qui la verse (15%), trois notions qui se superposaient et qui étaient censées régler le problème de la PC ancien régime.

Peut être serons nous écoutés, et  mieux, entendus dans le futur gouvernement… Enfin, sachez que notre combat se poursuivra et que nous reprendrons contact dès la constitution du nouveau gouvernement pour poser à nouveau le problème et proposer des solutions. Ceci quel que soit le président élu le 6 mai prochain.

Posted in ActualitésL'Europe et le DivorceQuestionsTextes juridiques autour de la prestation compensatoire |Tagged DIVORCEdurée de versement de la prestation compensatoirefrançois hollandegouvernementministére de la justicenicolas sarkozyPRESTATION COMPENSATOIRE | Leave a comment

L’AVANTAGE MANIFESTEMENT EXCESSIF….

Lorsque un justiciable, trouvant trop lourd le montant d’une prestation compensatoire en rente viagère, demande la révision de celle ci, il va s’adresser à un avocat. Mais il peut aussi faire sa demande de révision seul, car le recours à un avocat n’est pas indispensable, rappelons le. Il suffit de respecter les formes, de déposer une demande de révision bien rédigée et bien sûr, argumentée.

Il peut donc argumenter sur deux points :

La modification des besoins des parties, les siens tout d’abord, c’est ce qu’il connait le mieux… Car lorsque une retraite est amputée de 10%, 20% voire 50% par une PC disproportionnée, cela marque tout individu normalement constitué. Certes, cela n’interpelle pas certains juges et nous déplorons les jugements qui confirment ces montants disproportionnés… Avoir travaillé toute une vie et voir sa retraite ainsi amputée constitue une spoliation totalement injuste. Il est aussi utile d’essayer de connaître les ressources de l’autre, de l’ex, et là, on entre dans un domaine plus délicat : il faut bien sûr rédiger la lettre aux services fiscaux, essayer de savoir si cette ex s’est remariée, si elle ne vivrait pas avec un conjoint aisé, si elle n’a pas perçu un héritage… Le recours à un détective peut être utile. On peut aussi donner une mission à un huissier avec des questions précises à aller poser à votre ex,

Le gros hic qui se pose à la plupart de nos adhérents est que leur revenu est fixe, puisque la très grande majorité de ceux ci sont retraités et que le montant de cette retraite est figé, évoluant plutôt vers une stagnation, voire une baisse que vers des sommets. Il y a malheureusement le cas des retraités qui doivent aller en maison de retraite et qui vont devoir faire une demande de révision, leur revenu ne suffisant pas pour assumer les frais. Alors comment argumenter ? C’est difficile et nous le savons.

Le second point est souvent oublié par nos bons avocats : c’est celui de l’avantage manifestement excessif. Dans ce cas là, il faut préparer un calcul qui prend en compte les sommes déjà versées, le total des sommes annuelles. Puis vous allez calculer le montant restant dû si il y avait une conversion en capital : pour cela, vous connaissez l’âge de votre ex et vous allez multiplier le coefficient du tableau de conversion (voir site) par le total de la PC versée. Vous allez arriver à un total X (somme déjà versée + conversion en capital) sur lequel vous allez argumenter.

Sachez que sur une étude 2000-2001 portant sur 35 attributions de la prestation compensatoire sous la forme de capital, ce qui correspond à l’application des articles 273 et 274 nouveaux du Code de procédure civile, la moyenne est de 323 783 F (49360 €). Le maximum était à 1MF et le minimum à 48000FF. D’après les Statistiques ministérielles, lors de la promulgation de la loi 2000-596, la moyenne devait se situer aux alentours de 250.000 F. (38112 €).

Il est donc assez simple de comparer votre total personnel X à ces chiffres et de dire : la poursuite du versement de la prestation compensatoire améne à mon ex un avantage manifestement excessif donc un enrichissement personnel. Je demande la suppression ou, à défaut, la réduction du montant de la rente viagère de 30, 50, 70 ou 100%…

Il faut donc se battre sur ce point majeur, devant chaque juge aux affaires familiales, mais aussi devant chaque Cour d’Appel. Car notre constat est que les JAF acceptent nos demandes pas très souvent, que les cours d’appels les reçoivent bien mieux et que la Cour de Cassation rappelle à tous que l’avantage manifestement excessif est une notion qui ne doit pas être oubliée…

Posted in Actualités | Tagged AVANTAGE MANIFESTEMENT EXCESSIFCHANGEMENT DANS LES RESSOURCES,DIVORCEJUGE AUX AFFAIRES FAMILIALESRENTE VIAGERESUPPRESSION | Leave a comment

PRESTATION COMPENSATOIRE OU PRESTATION CONFISCATOIRE ??

Nous recevons en ce moment les résultats d’une enquête dirigée vers nos adhérents, ceci afin de connaître la date de décision, le montant de la prestation compensatoire et le pourcentage que cette prestation représente dans le revenu du divorcé.

Et il faut reconnaître que certaines prestations compensatoires paraissent totalement iniques. En voici quelques exemples :

 

Mr X : verse une PC depuis juillet 1993 où la PC représentait 33% de ses revenus.Il a fait une demande de révision à son départ en retraite en 2000, rejetée. A ce jour, Mr X est retraité et la PC représente 42% de son revenu.

 

Dans les cas que nous citons, la somme versé ne compense rien, elle se traduit par une confiscation d’un pourcentage élevé de la retraite, spoliant l’un pour favoriser à l’excès l’autre.

 

Adieu au Monde...fr

ACHILLE

Si cette dame, par un juste retour des choses, avait envie de mettre le nom des blogouillards ou blogaillons, que nous sommes, nous les petits, nous les sans grades, sur un article du monde.fr, ce serait sans rancune (pour la dame, je voulais citer les scribouillards et les écrivaillons, comparés aux professionnels et aux journalistes dont la vie n'est pas facile).

Encore une fois pardon, je frisais hadopi sans le savoir et avec l'outrecuidance de rappeler à l'homo sapiens que ce n'est pas bien de copier. Je suis digne du néanderthalien.

Vous avez tous entendu parler de la taxation des plus values immobilières

ACHILLE #actualité et autres blogs

Après une taxation perpétuelle, puis un délai de 25 ans, hier, aujourd'hui le projet évolue de nouveau : 

-  entrée en vigueur de la réponse différée (pour l’instant au 1er décembre)

-  réintroduction d’un abattement

-  terme de 30 ans établi pour exonérer la vente de toute imposition

 

eva et tony

ACHILLE #La Comédie du Divorce

LE VIDE.

ACHILLE #La Comédie du Divorce

poisson qui tourne dans son bocal

« Le temps n’endort pas les grandes douleurs, mais il les assoupit. »

Georges SAND.

Monsieur n’accepte plus que Madame se lève tous les matins tôt pour aller travailler. Quand Madame revient, il a condamné toutes les portes et fenêtres l’empêchant de pénétrer dans la maison.

Ou Madame doucereuse dépose un gros baiser amoureux sur les lèvres de son époux, lui souhaite une bonne journée, agrémentée d’un « à ce soir » fermant le chapelet de paroles sucrées.

À peine Monsieur a-t-il tourné les talons et pris son train que Madame, comme dans un film américain, commande aux déménageurs d’emporter la moitié du mobilier commun ainsi que tout ce qui lui appartient personnellement.

Monsieur, rentrant le soir, pense à un cambriolage, puis il doit se faire une raison, pas d’effraction, pas d’épouse, pas de chat, pas d’enfant.

En bon "mec macho", je me dis, comment peut-on faire ceci, tout en se sentant honnête ? Comment ne pas s’étonner qu’après ces péripéties, ce soit la guerre ouverte et que toutes les armes soient permises ?

Je n’arrive pas à créer en mon bureau, un No Man’s Land, lorsque tout a été détruit de pareille manière, lorsque la douleur rôde.

* * *


Attention aux collectionneurs

ACHILLE #La Comédie du Divorce

Photo-0025Une bouteille de champagne dans votre bureau, Maître GASTON ! Qu’avez-vous donc fêté ?

Je viens de recevoir une médaille pour mes trente ans d’ancienneté[1] en tant qu’employé, ce qu’on appelle un grouillot, un scribouillard, un clerc.

Maître GASTON, ne vous sous-estimez pas. Je suis heureuse que vous m’assistiez face à mon époux.

Un avocat aurait pu le faire.

Peut-être, mais le mien ne l’a pas fait, il a eu la sagesse de me remettre entre vos mains. Vous avez en charge la liquidation[2] de mon régime matrimonial et vous voyez mieux que quiconque où se situe le déséquilibre entre mon époux et moi-même.

Ce matin un nouveau dossier m’a confirmé que l’inégalité pouvait se placer également dans les meubles et objets mobiliers que l’on néglige souvent dans le cadre du divorce. L’époux, très malin, n’avait jamais accroché aux murs du domicile conjugal les œuvres d’art qu’il collectionnait, mais les entreposait dans un hangar, ailleurs, dont il était le seul à avoir les clés. Madame ne voyait pas l’utilité de se préoccuper de ce point, n’appréciant pas beaucoup l’art contemporain, laissant son époux spéculer s’il en était amusé, ne sachant d’ailleurs pas vraiment ce qu’il cachait. Si l’avocat futé de notre cliente n’avait pas ordonné à un huissier de se rendre sur les lieux, à l’heure qu’il est, Madame aurait la moitié de rien et Monsieur serait à la tête d’un petit musée d’art contemporain.

Heureusement, mon époux ne collectionne pas les œuvres d’art.

Est-il collectionneur ?

Non, à part les contraventions non réglées, les stocks de médicaments, ou plus largement sa pharmacie, je ne lui connais aucun autre trouble obsessionnel compulsif.

* * *




[1] Cette médaille porte l’emblème du notariat, un cadran solaire appelé le Gnomon entouré de la devise des notaires : «  Lex est quodcumque notamus Est » : « Loi ce que nous consignons ».

[2] Détermination de l'actif et du passif d'une communauté de biens entre époux dissoute. Par extension liquidation des biens indivis des époux.

DIVORCE AU PARFUM.

ACHILLE #La Comédie du Divorce

jeunesseDIVORCE AU PARFUM.

« C'est puer que de sentir bon. »

Michel de MONTAIGNE, Essais.

 

Monsieur et Madame divorcent par consentement mutuel après plus de quarante ans de vie commune. Ils n’en ont jamais invoqué les raisons. Je ne les ai pas demandées.

Après d’âpres hostilités, les époux sont enfin d’accord sur les termes du partage. Madame prendra l’appartement, où tous deux habitent encore ensemble. Monsieur se verra attribuer les deux studios d’une valeur bien inférieure. La différence formera la prestation compensatoire. Monsieur est même d’accord pour verser une rente viagère à Madame pour qu’elle soit à l’abri de tout.

Monsieur et Madame signent l’état liquidatif. Aucun souci. Nous attendrons le jugement. J’explique que je rédigerai alors son acte de dépôt au rang de mes minutes, publierai le tout au bureau des hypothèques compétent. J’adresserai à chacun sa copie authentique, tout sera fini, définitivement. On me le demande plusieurs fois, je l’assure.

Monsieur déménagera bientôt. Il a donné congé au locataire d’un des studios pour reprendre le logement pour y vivre, tout est organisé pour que les dates coïncident.

Monsieur doit se présenter ce mardi à quatorze heures. Il n’a plus souvenir de la salle où l’audience doit avoir lieu. Il traverse à grands pas la Cour du Palais de Justice, grimpe quatre à quatre les marches du grand escalier. Il pense soudain au Festival de CANNES, à toutes ces vedettes qui montent au bras de leur compagne du moment, cela le fait sourire. Il monte vers la victoire, lui aussi, il monte seul et redescendra tout à l’heure, encore plus seul. C’est sa volonté.

Il a peur d’arriver en retard. Si le juge était absent, si un empêchement survenait. Il faut qu’il soit à l’heure. C’est une question de respect, d’amour-propre. 

Dans son élan, Monsieur rate une marche, s’écroule lourdement. Sa tête heurte le sol en un claquement. 

Lui, qui ne voulait penser qu’à son avenir, qu’à sa vie future, qu’à après, voilà qu’il pense à son épouse, maintenant. Pourquoi ? Elle se penche sur lui, non ce n’est pas possible. Ne dit-on pas qu’on revoit le film de sa vie en accéléré avant le grand moment ? Alors pourquoi voit-il encore sa femme, pourquoi ne voit-il qu’elle ?

Non c’est faux, Madame n’est pas toute sa vie, il y a eu d’autres moments, de bons moments, d’autres rencontres, d’autres personnes. 

La tête de Madame dans le ciel ne s’efface pas. Ses cheveux pendent sur lui, effleurant son visage. Elle est là, c’est vrai, ce n’est pas une image. Appellera-t-elle les secours pour le sauver ? Pourtant Monsieur hésite, il ne sent pas son parfum. 

Ce parfum capiteux, sucré, vanillé, ambré, fort, lourd, fumé, cuiré, qui lui donne la nausée. Il lui demande tout le temps de l’ôter. 

Combien de parfums lui a-t-il offerts pour changer ? Pour essayer ? Aucun ne lui convenait. Des plus frais, des plus subtils aux plus classiques, aux plus chers, Monsieur tentait, en vain.

Madame restait fidèle à ce parfum, floral, épicé, à peine rafraîchi par une note de tête Cologne, un petit bouton de rose et ce jasmin poivré qu’on vend en petit bouquets à quatre sous dans les pays méditerranéens.

Ce parfum, je le reconnaîtrai entre mille. Le parfum préféré de ma mère lui allait si bien.

À premier nez, l’impression est étrange, plutôt ambiance encaustique. Peut-être l’odeur qu’on penserait émaner de l’œuvre « les cireurs de parquets » de CAILLEBOTTE. 

Se présente alors le galbanum, le lentisque, aux tanins forts, terreux, végétaux, résineux même, comme leur origine (ce sont des gommes ou résines que l’on extrait de la racine d’une plante, ou en incisant l’écorce d’un arbrisseau). Suit une tonalité de cuir que l’on rencontre dans certains parfums masculins. On se croirait dans une sellerie, près de l’écurie même.

Puis, les notes de fond ravissent mes narines, le petit-grain bigaradier, qu’on pourrait penser volatile se révèle alors, suave, floral, fruité, de manière si discrète que l’on pourrait lui trouver un air d’un autre parfum, son cadet, chez le parfumeur.

On pense aux joues poudrées des grands-mères, au patchouli, à la vanille.

Oui, à un cornet glacé dégusté lors d’une promenade avec ma mère dans l’arrière-pays, sous les orangers.

« Le parfum le plus tenace au monde » m’a laissé un souvenir olfactif impérissable.

Mon père tentait de m’endormir. Je ne pouvais pas sans ma Toutoune. Ma Toutoune, c’était mon doudou, comme j’entends mes clientes le nommer. Ce bout de tissu moite, ou cette peluche infâme que traînent les enfants, censé représenter maman, papa, le foyer et tutti quanti pour les psychologues.

Il me manquait donc mon foyer pour dormir. Maman l’avait lavée ; Toutoune était décidément trop sale. Dans un élan pathétique, mon père m’en confie une seconde, toute pareille à la première, mais toute propre, toute blanche, toute rêche, revêche, sans goût aucun. Je refuse catégoriquement. Maman gesticule en tous sens. 

- Que lui manque-t-il ? 

- Une étiquette. 

- Soit. 

On me coud un bout de ruban blanc en Nylon. Je caresse cette étiquette du bout de mon nez, mais rien. Il ne se passe rien. Je refuse toujours, droit comme un I, assis dans mon lit.

- Et maintenant que lui manque-t-il ?

- Du goût. 

- Quel goût ? Tu ne vas pas apprécier ce goût de vieux, de sale, que traînait ce lange en coton ?

- Que dire, je suis très jeune, deux, trois ans. Je ne sais pas exprimer les odeurs avec des mots.

Soudain ma mère a une idée de génie. Elle prend ce tissu, le caresse, le frotte sur son visage, sur son corps, le malaxe, le moleste, le passe sous ses bras, entoure le cou de papa avec, qui l’embrasse, enfin embrasse elle-même l’étiquette, et me la rends.

Étonné par tant de sollicitude pour ma Toutoune, je la porte à mon nez, je suis emporté par cette odeur de cuir, de poudre, de cire, de vanille. Je note les traces de rouge à lèvres sur l’étiquette. Je m’entoure à mon tour de ma Toutoune et m’endors aussitôt.

Pourquoi diable mon client ne supportait-il pas ce parfum ? Celui-là même que je trouvais envoûtant, sensuel même, celui de ma mère, de mes amies. Celui qui me ravissait. 

Si je connais les ingrédients de ce parfum, ce n’est pas de les avoir cherchés, quêtant une information presque clinique auprès des vendeuses en parfumerie. Mon client qui me les a cités, il les connaissait tous, dans l’ordre des notes, et dans les proportions. Ne pouvant pas supporter ce parfum, il cherchait le coupable, l’ingrédient idoine, qui, exclu du lot, lui aurait permis de vivre des heures émouvantes auprès de son épouse, réconcilié avec son odeur. Madame mettait du parfum au réveil, après la douche et le soir avant de s’endormir. Monsieur n’en dormait pas. Monsieur hantait chaque pièce de l’appartement, cherchant un endroit où elle n’était pas passée auparavant, pour s’y poser. Si Madame se relevait la nuit, Monsieur retournait vite se reposer près d’elle, afin d’éviter qu’elle ne trouble le nid sans odeur qu’il s’était ménagé. Puis il attendait, sagement, qu’elle s’endorme pour quitter le lit et retourner vers ce nid. Nous étions de connivence. Ce sujet était maintenant son obsession. De mon côté, moi qui n’y avais jamais prêté attention auparavant, je commençais à m’étonner de mes recherches olfactives. J’arpentais les wagons et les autobus avec la ferme intention de rencontrer une porteuse de cette fragrance orientale, tandis qu’il me racontait ses recherches laborantines.

Monsieur est décédé à quatorze heures, sur la dernière marche du palais de Justice. On dit que Madame était là, ce n'est pas transcrit sur le constat de décès.

Madame me rend visite. Sans une larme. Je suis étonné, je ne retrouve plus cette odeur entêtante. Madame m’annonce qu’en mémoire de son époux, elle ne mettra plus jamais ce parfum qu’il n’aimait pas. Elle a bien assez de parfums qu’il lui a offerts, pour finir ses jours parfumée par son mari. Devant ma surprise, Madame me confie que Monsieur était sûrement fétichiste, puisqu’il faisait collection de parfums de femmes.

Madame me charge d’ouvrir le dossier de la succession de son époux, puisque le divorce n’est pas prononcé…

Madame sera usufruitière des biens de la succession.

* * *

 

Merci mille fois à Sadou Bocoum pour cette histoire, ce conte trouvé dans malikouda.com

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FAIT DIVERS
POUR UN UNIFORME, ELLE DIVORCE
 
 
   
 
   

Il ne se passe pas de jour sans qu'on n'entende des histoires drôles à Bamako. Souvent certaines d'entre elles frisent le ridicule. C'est le cas de l'histoire de ce couple qui s'est tapé quinze ans de mariage au cours duquel six enfants sont nés.

 

Depuis cinq ans, le couple est installé à Bamako et habite dans un quartier de la rive droite. Le mari se "débrouillé'et la femme est vendeuse de salade. Mais tous deux vivaient en parfaite harmonie,... jusqu'au mois  dernier.

 

La femme, qui, avant de venir à Bamako, devait certainement faire partie d'un groupe de femmes organisatrices de paris (tontines), demanda à son mari de lui donner... le prix d'un uniforme que ses amies avaient décidé de porter.

 

L'uniforme en question, c'était du bazin "GagnyLalf bien teinté et qui nécessitait donc une forte somme que son homme ne possédait évidemment pas. Aussi, malgré la force de l'amour qu'iléprouvait pour sa femme, le pauvre mari n'a pu réunir l'argent nécessaire. Néanmoins, il parvint, on ne sait comment, à réunir 25 000 FCFA qu'il présenta à sa douce moitié.

 

Mais la dulcinée, non contente de la modicité du "cadeau "financier, se mit en colère. Alors elle se répandit en propos très durs à l'endroit... du mari. En dépit des apaisements et prières de ce dernier, aidé en cela par ses amis, la colère de la capricieuse femme ne faisait au contraire qu'envenimer.

 

S'étant finalement aperçue que son mari est dans l'incapacité de satisfaire ses désirs, voire ses caprices, la "chère épouse" ne fit ni une, ni deux : elle plia bagages et rejoignit son domicile parental, dans sa région natale. Le mari, qui n'a rien compris de cette brutale attitude de sa femme (et pour cause) ne pipa mot, préférant... s'en remettre à Dieu. Ainsi, voyant que pendant plus de six mois, son mari ne faisait aucun signe de vie, ni n'allait voir ses beaux-parents (pour réconciliation, espérait-elle), la dame fugueuse tenta de rejoindre la capitale pour récupérer le reste de ses affaires.

 

Alors ses parents décidèrent de venir à Bamako pour demander des comptes à leur gendre. Mais ils furent estomaqués par les explications de ce dernier, aussi, ils décidèrent à leur tour de chasser leur fille qui se retrouve à Bamako comme... aide-ménagère.

 

Quant au mari, plutôà son ex-conjoint, il s'apprête...à se remarier, et cela, dès le mois prochain. Quant aux six rejetons de l'ex-couple, ils sont tous rentrés au village. Depuis l'annonce du remariage de son ex, la pauvre femme est en train de remuer ciel et terre pour revenir au bercail conjugal. Mais il est trop tard, semble-t-il.

 

Cette attitude de la femme capricieuse est aujourd'hui décriée par tous. Pour les uns, elle se croyait tout permis. Pour les autres, ses mauvaises compagnes de la ville et surtout, la tentation et le gain facile, ont complètement changé son train de vie.

 

L'homme, qui est aujourd'hui envahi par les personnes les plus respectées du quartier (pour réconciliation), acceptera-t-il le retour de la femme? Selon certains, il continue toujours d'aimer cette femme qui a pourtant oublié les vertus du mariage. C'est que pour un couple pauvre, il n'est pas facile d'élever six enfants. Mais ce n'est pas une raison pour obéir à ses caprices, jusqu'à divorcer...

 

En attendant l'issue heureuse de son affaire, l'aide ménagère, pardon, la femme continue de consulter marabouts et autres"soma' pour que son mari revienne à de meilleurs sentiments. Tout ce qui compte aujourd'hui pour elle, c'est de revenir dans son foyer. Et peu lui importe désormais l'arrivée de sa coépouse qui est annoncée pour le mois prochain.

 

Il semble que la leçon qu'elle a subie et l'attitude du mari suite à sa fugue ont complètement changésa façon de voir les choses conjugales. En tout cas, si elle ne retourne pas chez son désormais ex-mari, elle ne devrait s'en prendre qu'à elle-même, pour avoir confondu les leurres de la ville aux lueurs de la réalité. Et sa mésaventure pourrait servir de leçon à nos sœurs mariées qui débarquent pour la première fois en ville avec leurs maris.

Sadou Bocoum

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Avortement (fin )

ACHILLE #La Comédie du Divorce

(...) Et ma collègue, sans en parler, comme cela, tout doucement, fit comme si de rien n'était et tomba enceinte le mois d'après, trop rapidement à mon goût. je le compris quand je la vis traumatisée par mon eau de cologne.

 

Elle n'osa pas me le dire de suite, et n'osa semble-t-il pas le dire à son époux. Toujours est-il que nous ne parlions pas de cela. Au restaurant, elle s'éclipsait de temps en temps, revenait tranquillement. - Aucun souci, tout va bien, un peu barbouillée.

Ce sont mes autres collègues qui ont mis les pieds dans le plat. Ils lui ont dit que cela se voyait comme le nez au milieu de la figure.

 

Ils lui ont demandé, question d'usage, si le papa était content. Mais elle ne répondit pas.

Plusieurs jours plus tard, elle revint me voir en me demandant si vraiment cela se voyait. Je voulus la rassurer :

- Si vous ne vomissiez pas tous les matins et tous les midis, nous ne nous en serions pas rendu compte. Dites moi, alors, il s'y fait ? 

 

- Je n'ose pas lui avouer, il croit que j'ai une gastro.

- Faites un test et montrez lui, c'est comme cela qu'a fait ma femme avec moi.

- Oui vous avez raison, c'est une bonne idée, le test parlera pour moi. J'ai la gorge nouée quand je rentre. 

- Vous n'êtes pas contente d'attendre un bébé ? 

- Si, mais comment n'a-t-il pas pu s'en rendre compte ? 

- C'est tout nouveau, et peut être ne vous évanouissez vous pas à  la maison en sentant mon eau de cologne.

- C'est vrai, mon époux ne met pas de parfums et je n'en mets plus.

 

Le lendemain, je m'en suis voulu à mort et je m'en veux toujours.

Ma collègue est entrée dans l'Etude avec des lunettes de soleil, les yeux tellement rouges que je ne savais s'il l'avait battu ou si elle avait pleuré toutes les larmes de son coeur. Sans doute les deux.

- Il a compris que c'était un accident, il ne m'en veut pas m'a-t-il dit, mais il a pris rendez vous lundi prochain en clinique pour un IVG.

- un quoi ?

- une interruption volontaire de grossesse.

- Je n'ai pas bien compris...

- Il ne m'a pas laissé le choix, sinon je dormais sous les platanes cette nuit.

- Mais c'est un monstre ! Et que comptez vous faire ?

- Je ne sais pas.

- Il n'a pas le droit de vous dicter votre vie.

- Je sais, cependant, je lui ai forcé la main, je n'ai pas le droit non plus de contrecarrer ses projets.

- Et quels sont ses projets ?

- Je ne sais pas, je disais cela comme cela.

- Vous voulez que je vous dise moi, quels étaient ses projets ? Vous garder, comme sa mascotte, comme son fantasme préféré, comme son objet sexuel et de luxure, vous garder jusqu'à ce que les corsets ne suffisent plus à contenir la chair et que cela déborde, jusqu'à ce que le rouge à lèvres coule dans les ridules, jusqu'à ce que les seins tombent et que les fesses s'affaissent en goutte d'huile, et après, vous jeter comme une vieille chaussette trouée.

Il ne vous aime pas, il ne vous supporte que comme objet du désir, et vous entretenez ce mythe. Il ne vous aime pas comme femme, épouse, mère, amie, confidente, partenaire, il ne vous aime pas pour vous même, pour ce que vous êtes. Il va jusqu'à vouloir purger vos entrailles de ce qu'il voit comme une souillure. Il ne supporterait pas de voir votre ventre s'arrondir, votre taille s'épaissir, je le savais, ce type est malsain, pervers, je le savais, j'en suis sûr !

 

(silence)

- Vous avez raison, j'ai fini par comprendre cela. Mais je vais avorter. Je ne peux garder en moi un enfant qui est issu de la haine et non plus de l'amour. Je ne l'aime plus. Tout s'est arrêté d'un coup, je l'ai vu en entier, dans son regard, comme décharné par la rancoeur, la haine, le dégoût. Vous aviez raison, ce n'est pas pour cause de risque qu'il ne voulait pas d'enfant. Il ne peut être père. Mais vous ne pouviez me mettre en garde, je n'aurais pas entendue.

Je regrette d'être obligée d'en arriver là.

- C'est de ma faute.

- Non bien entendu.

- Je n'aurais pas du vous conseiller de faire semblant d'avoir vomi votre pilule.

- Si, vous avez bien fait, il ne m'a pas tué. Je ne sais pas s'il n'aurait pas été plus violent s'il avait appris que je voulais vraiment cet enfant; Mais je n'irai pas avec lui, j'irai seule faire cet IVG. Je suis punie, prise à mon propre piège. C'est ma sanction. Et je divorce.

 

Ce n'est pas moi qui l'ai déménagée. Quand elle lui a dit qu'elle divorçait, elle a dû trouver un hébergement d'urgence. une collègue l'a prise chez elle un moment.

Mes collègues l'ont aidé à enlever ses quelques meubles et affaires. Il était au milieu de la pièce, prostré dans un grand fauteuil club, et ne bougeait pas. Il les a laissé prendre les affaires sans faire un geste, sans aider, sans prononcer un mot. Il n'a plus prononcé un mot en notre présence. On ne l'a plus jamais revu dans notre région.

 

Je sais depuis peu qu'elle est mariée, notaire et qu'elle a de beaux enfants.



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