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Le blog de ACHILLE - Chroniques Notariales
un clerc divorcé qui se noie dans les problèmes de divorce de ses clients

Hommage à Claude JEAY - Du sceau à la signature : histoire des signes de validation en France (XIIIe-XVIe siècle)

Les notaires et secrétaires du roi :

Aux origines de la signature ?

Les notaires et secrétaires du roi, praticiens de l'écrit et hommes de culture

Au moment où les rois de France commencent à signer, les notaires et secrétaires de la chancellerie apposent leur signature sur les actes depuis déjà plusieurs décennies. L'institution se met peu à peu en place ; le nombre de notaires et secrétaires du roi ne cesse de croître. Loin d'être seulement des praticiens de l'écrit consciencieux et besogneux, confinés dans les bureaux de la chancellerie, ils sont aussi des mécènes raffinés et des collectionneurs avertis. Certains secrétaires se révèlent aussi être de véritables écrivains. Dans ce contexte intellectuel et culturel particulier, la signature occupe une place privilégiée.

La signature des notaires et secrétaires du roi

Ce n'est que dans les années 1270-1280 que les clercs de la chancellerie et du Châtelet se mettent à signer. Cette pratique nouvelle s'impose rapidement et devient systématique. La signature des notaires et secrétaires connaît une évolution différente de celle des rois : l'encadrement est progressivement abandonné et remplacé par différents paraphes repris en même temps par l'immense majorité des notaires et secrétaires. Ces modes successives révèlent un véritable esprit de corps, qui se reconnaît et se manifeste dans un type de signature donné.



Chapitre II

Acte authentique et seing manuel

Le notariat toulousain

S'il ne faut pas trop vieillir l'institution du notariat toulousain, ce dernier n'en est pas moins ancien puisqu'il remonte aux toutes premières années du XIIIe siècle. Or, à partir des années 1270, à l'occasion de leur prestation de serment, les notaires nommés par les capitouls déposent leur seing manuel dans les registres de matricules. Grâce à cette source exceptionnelle, les signatures de plus de dix mille notaires toulousains nommés entre 1271 et 1536 ont pu être étudiées, en recourant à des grilles de dépouillement.

Les seings manuels des notaires toulousains : une histoire de près de trois siècles

En feuilletant à la suite les registres, l'évolution générale s'impose d'emblée avec évidence. Certaines tendances déclinent, des modes nouvelles s'affirment. Il est des motifs qui semblent conserver la faveur des notaires tout au long de la période ; cette pérennité témoigne de leur succès. D'autres en revanche n'ont qu'une existence éphémère ; nés de l'imagination ou de l'intuition rare d'un esprit, ils ne durent que le temps d'une vie pour disparaître à la mort du notaire. Certains notaires n'hésitent pas à s'inspirer largement des seings manuels de leur prédécesseurs immédiats. En fin de compte, les motifs figurés disparaissent au profit de dessins géométriques et le nom se fait de plus en plus présent. Les seings manuels des notaires toulousains, si originaux au XIIIe et au début du XIVe siècle, ressemblent de plus en plus aux signatures des notaires et secrétaires du roi, au point qu'il devient impossible pour nombre d'entre elles d'en identifier l'auteur à la fin du XVe siècle.

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