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Le blog de ACHILLE - Chroniques Notariales
un clerc divorcé qui se noie dans les problèmes de divorce de ses clients

#successions de deceptions

Ton mari qui t’aime.

ACHILLE #SUCCESSIONS DE DECEPTIONS

Mme X Y demandait à être reconnue bénéficiaire d’un testament de son mari décédé, René Y. Mme se prévalait d’un document présenté comme écrit de la main de celui-ci, et ainsi libellé : "combien je fus heureux ce 19 décembre 1964, ma C (prénom) adorée, c’est notre première année de mariage, pour cet anniversaire, je t’offre une médaille, ce n’est pas grand-chose, mais lorsque j’aurai acquis les biens qui me reviennent de mon grand père, tout ce qui sera à moi, je te les donne avec tout mon amour. Ton mari qui t’aime. René".

Devenue veuve, Mme a fait grief aux arrêts attaqués de dire que la lettre qui vient d’être rappelée ne constitue pas un testament en sa faveur.

Le pourvoi de Mme est rejeté.

C’est par une appréciation souveraine de la volonté de son rédacteur que la cour d’appel a estimé que la lettre litigieuse, écrite à l’occasion de son premier anniversaire de mariage, constituait l’expression de la tendresse du défunt envers son épouse et ne pouvait s’analyser en une disposition à cause de mort.

Référence :
 Cass. Civ. 1re, 24 oct. 2012 (N° de pourvois : 11-22615 11-22616), rejet, inédit

INVENTAIRE EPISODE 2

ACHILLE #SUCCESSIONS DE DECEPTIONS

Nouveau décès, nouvel inventaire.

Ma cliente n'ajaais voulu faire de testament, cela fait mourir. Elle est décédée tout de même, et ses cousins se pressent à l'entrée. Ils ne sont jamais allés la voir, n'ont jamais pénétré chez elle. je le sais, elle me l'a dit. Lorsqu'elle était déprimée, je passais la voir.

Oui, je savais quand elle était déprimée. Je n'avais pas signe d'elle. Le dossier était long et difficile, et elle me rendait visite régulièrement. Mais lorsque je ne recevais ni courrier, ni appel, c'était à moi de me déplacer. Elle ouvrait sa porte fermée à milliers de tours, et mettait le pied derrière, pour que je ne puisse ouvrir plus.

J'ai attendu le décès pour voir, et j'ai compris pourquoi elle sentait le renfermé.

La maison n'avait d'ouvertures que d'un côté, fermées à l'aide de chaines et de cadenas.

Al'intérieur, un papier peint des années cinquante, et un mur entier recouvert de salpètre, sans doute suite à un dégât des eaux. Une machine à laver qui ne servait plus depuis des années. Des milliers de cintres metalliques de pressings. Toutes les publicités de boite aux lettres depuis sans doute les années 80. 

Des abricots secs pour seule nourriture non périmée.

De la viande en gros congelée depuis les années 80, jamais décongelée.

Des milliers de serviettes en papier. Des nids de poussière, même juste à côté du lit. De la vaiselle accumulée depuis des lustres dans l'évier. Des champignons momifiés...

des sacs et des valises vides, des caddies en quantité, et trois pièces d'or.

Tout va bien, je suis rentré chez moi, au frais, à l'air, je vis.

Je m'en veux de n'avoir pas poussé plus la porte pour l'ouvrir de force. Mais qu'est ce que cela aurait il pu faire de plus. Nous aurions eu honte tous deux, qu'aurais je fait ? la faire placer par une assistante sociale? en ai je le droit  ?

 

 

 

 

CHASSE AU TRESOR (suite 2)

ACHILLE #SUCCESSIONS DE DECEPTIONS

- Alors vous en êtes où ?

- Ne m'en parlez pas, on a tout fouillé, la cuisine, les faux plafonds, la cheminée, là où ils cachaient ses bouteilles, tout partout je vous dis. On n'a rien trouvé. On est dans de beaux draps.

- Avez vous demandé à Madame X ?

- Au début non, puis désespérés, on a fait appel à elle, mais elle n'a rien dit de bien. a chaque fois qu'elle parlait d'une cachette potentielle, on s'y précipitait sans succès.

- Votre père a peut être déplacé les choses à son insu. 

- Peut être. Peut être aussi qu'elle a tout pris. Les frangins penchent sur cette hypothèse.

- Pour cette hypothèse.

- Ah vous aussi vous êtes pour.

- Non, je disais juste qu'on penche pour pas sur, à mon qu'on penche quand on est sur une branche d'arbre.

- Très drôle, n'empêche qu'on va la mettre au tribunal pour voir.

- Mais vous ne verrez rien. On porte une affaire au tribunal quand on a des preuves. A défaut, ce n'est pas le tribunal qui va en trouver.

- Si si on va au pénal, on l'accuse de sel, de selles, de recel je crois. Et là, ils font une enquête policière, ils verifient ses comptes et voient si elle a des sous dessus et ils lui prennent.

- Si c'étit vrai, il n'y aurait plus d'escroc, et si j'étais à la place d'un malfaiteur, je ne mettrai pas les sous sur mon compte. Vous risquez d'être bredouille et de briser des vies .

- et la notre de vie ?

- Je comprends. A propos d'arbre, avez vous creusé dans le jardin ?

- Non pourquoi ?

- Il circule une histoire dans le notariat, un client d'un notaire qui lui parlait tout le temps de son arbre comme si c'était toute sa fortune, et quand les enfants n'ont rien trouvé, le notaire a pensé à leur demander de vérifier aux pieds de cet arbre, et ils ont trouvé des lingots.

- Dites, vous savez ce qu'il y avait écrit sur le papier du frigo ?

- Non.

- Que ses enfants ne seraient pas assez intelligents pour trouver et que cela irait au futur acquéreur de la maison.

- Et vous le croyez ?

- Je ne sais pas, je ne veux plus la vendre la maison.

- Je comprends mais vous avez les moyens de payer les droits de succession ?

- on verra, pour le moment cette histoire, elle me prend vraiment la tête, je n'en dors plus.

- vous vous en voulez de ne pas vous en être assez occupé.

- Non, je m'en veux de ne pas lui avoir pris l'argent de son vivant.

 

 

 

Allemagne : une cantatrice célèbre tue son mari et le remplace par un acteur

ACHILLE #SUCCESSIONS DE DECEPTIONS

Waltraud G., une cantatrice allemande de 55 ans, aurait tué son mari et aurait engagé un acteur pour dissimuler son meurtre. 

Hermann Hilss, âgé de 71 ans, avait été déclaré disparu depuis le mois d'octobre, avant qu’une avocate n’appelle la police d’Offenburg, affirmant qu’il était en vie, et qu'il se trouvait dans son bureau avec sa femme. 

Mais la police, afin de s'assurer que c'était bien le disparu, avait fixé un rendez-vous au couple quelques jours plus tard, mais son épouse avait indiqué qu’il était parti en voyage. 

En réalité l'épouse a embauché un acteur quelques jours avant un rendez-vous chez un notaire pour faire signer une procuration par le mari à sa femme. Un détail qui a orienté la police vers un crime motivé par l’argent. 

La suspecte a été arrêtée par la police, grâce notamment au témoignage de l'acteur qui a avoué avoir joué Hermann Hilss chez l'avocat et chez le notaire.

la CHASSE AU TRESOR suite I

ACHILLE #SUCCESSIONS DE DECEPTIONS
  •  - Il faut que je vous dise Maître, on s’entendait tous bien avec mon père, ne croyez pas qu’on l’ait laissé tomber, c’est vrai qu’on habitait en région parisienne, enfin je parle pour moi, et lui à Marseille. On avait du mal à aller le voir souvent. On l’appelait tous les jours, ils ont pu vérifier sur son téléphone, il n’était pas carbonisé, contrairement au corps...

  • - Mais je ne vous demande pas de justification. Madame X qui m’a remis le dossier ne m’a rien dit de mal sur vous.

  • - Celle là, quelle sal... Elle a piqué la carte bleue de notre père, et tout dilapidé. Il n’y a plus un radis sur les comptes.

  • - Comment le savez vous ? Ce n’est pas ce que m’a dit Madame X. Son employeur et ami lui aurait laissé la carte en dédommagement, pour qu’elle ne paie pas de droits de succession, et il aurait sorti les fonds dans le même but et les aurait caché dans la maison ou ailleurs. Tout ceia est une drôle d’idée.

  • - Vous croyez qu’avec son cancer et son déambulateur il aurait fait un truc pareil ? C’est de la rigolade.

  • -  Je pense qu’effectivement, se sachant condamné, il a pu essayer de vous aider en ce sens. Avez vous fouillé la maison ?

  • - Non comment voulez vous qu’on la fouille, on habite tous loin et c'est plein de suie.

  • - Depuis le décès vous avez eu largement le temps.

  • - Mais les flics, les gendarmes, les décontaminateurs, les assureurs, tout le monde est passé dans la maison, ils ont tous eu le temps de prendre et de se partager tout cela bien avant notre arrivée.

  • - Vous baissez les bras. Déjà...

  • - Non non on ne baisse pas les bras mais à quoi bon.

  • - Ecoutez, je ne peux pas vous être d’une grande aide, mais Madame X a évoqué un jeu de piste, une chasse au trésor qu’aurait organisé votre père. Dans toute ma carrière, c’est la première fois que cela arrive, mais si vous voulez nous pouvons esayer de mutualiser nos efforts. Il semble tout à fait véridique que votre père ait vidé ses comptes.

  • - Oui mais c’est pour elle qu’il l’a fait, elle a tout pris, je vous dis.

  • - Je n’en suis pas sûr. Pourquoi serait elle venue me voir et me raconter tout cela. Avez vous regardé au dessus du réfrigérateur ? Cela partirait de là.

  • - Vous parlez comme lui, on dirait un vieux savant. 

  • - Pardon ?

  • - Vous ne pouvez pas dire frigo comme tout le monde ?

  • - Non, d'abord tout le monde ne dit pas cela.

  • - Pourquoi ?

  • - Parce que ce n’est qu’une abréviation de la marque frigidaire. Ce n’est pas le nom de l’appareil.

  • - C’est drôle, vous avez dit exactement ce qu’il nous disait.

  • - C’est normal, votre père connaissait sûrement le français autant que moi.

  • - Cela me redonne du courage, je vais aller la chercher cette pu....   de notice de jeu à la c...

  • - Ravi de l’apprendre mais puis je comprendre l’essence de votre motivation ?

  • - Vous parlez comme lui, vous pensez peut être comme lui, après tout vous êtes de la même génération. Vous vous proposez de nous aider, et bien on verra si votre logique fonctionnera comme la sienne. Moi je parie que oui. Après, il faut que j’en parle aux frangins.

  • - Bon mais en attendant, il faut que vous finissiez les formalités pour obtenir l’acte de décès. 

  • - Ils n’ont pas fini l’analyse ADN, on doit encore attendre une petite dizaine de jours.

  • - Et comment faisaient ils avant ?

  • - Avant quoi ?

  • - Avant la découverte de l’ADN, l’acide désoxyribonucléique, dans les années 80 je dirais.

  • - Vous vous seriez vraiment bien entendu avec mon père. Je suis sûr que vous ne faites pas de fautes d’orthographe.

  • - J’essaie, mais je fais des fautes de frappe.

  • - Ah oui, vous n’avez pas les pouces assez grands.

  • - Oui sans doute... Enfin, je ne joue plus à la gameboy.

  • - Moi non plus, j’ai mon casse briques sur mon smartphone. (à suivre)

LA CHASSE AU TRESOR

ACHILLE #SUCCESSIONS DE DECEPTIONS
  • Que fais-tu ?

  • Rien.

  • Mais je vois bien que tu fais quelque chose, tu n’arrêtes pas de bouger dans toute la maison, tu vas frénétiquement d’une pièce à l’autre et tu fais des traces sur le lino avec ton déambulateur.

  • T’inquiètes.

  • Ben oui j’m’inquiète, c’est moi qui nettoie.

  • Laisse-moi tranquille.

  • Pas tant que tu ne m’auras pas dit ce que tu fais.

  • Je joue au Da Vinci Code.

  • Mais ce n’est pas un jeu, c’est un film.

  • Ce n’est pas un film c’est un livre. Toi le jour où tu te plongeras ton nez dans un livre, il y aura bien deux cent mille euros à la clé.

  • Je me contenterais de moins. Dis-moi donc à quoi tu joues.

  • Je prépare un jeu de piste pour les enfants.

  • C’est sympa, mais à leur âge,  l’un et l’autre chargés de famille, chacun à un bout de la France,  je pense qu’ils ont passé l’âge de ces gamineries.

  • Ce ne sont pas des gamineries, c’est la chose la plus sérieuse que j’ai faite depuis de nombreuses années, l’aboutissement de centaines de nuits de cogitation.  Pousse toi, tu me gênes.

  • Je gêne Môssieur !

  • Oui, écoute, occupe-toi du ménage et laisse moi, c’est important.

  • Je peux t’aider ?

  • C’est vrai qu’à raison de mille cinq cent euros par mois pour passer la serpillère et me faire un potage, tu peux peut-être devenir rentable.

  • Merci.

  • Bon,  tu seras mes jambes. Compte combien de pas il faut faire pour aller du réfrigérateur à la cuisinière, de la cuisinière à la porte, et de la porte à la cheminée du salon. 

  • Tu veux des pas comment ?

  • Je veux des pas comme toi.

  • Bel humour mais il en faut bien des comme moi. Sans rire, de grands pas, de petits pas ? 

  • Des pas moyens, comme quand tu marches dans la vie. Comme marcheraient les mômes.

  • Ok, cela fait 4, puis 5 puis 8.

  • Bon on va dire 4, 5 et 9, cela fait DEI, donc dieu, donc nom de Dieu.

  • Ne jure pas.

  • Je ne jure pas, je crée une énigme.

  • Mais sans rire, jamais tes enfants, si tu mets nom de Dieu dans ton papier sur le frigo, ne vont comprendre qu’ils doivent aller jusqu’à la cheminée, franchement, personne ne pourrait comprendre cela, tu deviens fou.

  • M’en fous, quand je serai mort, Ils auront tout leur temps. Et s’ils vendent la maison sans avoir trouvé, ce sera pour les ouvriers ou pour les acquéreurs. Cela leur fera les pieds.

  • Mais ces gens-là ne méritent pas que tu leur tendent un piège. 

  • Tu ne comprends rien, ce n’est pas un piège, c’est une récompense. Cela fera les pieds des enfants si quelqu’un d’autre les trouve.

  • Trouve quoi.

  • Cela ne te regarde pas.

  • Je sais bien, je demande. Mais mince tu les aimes, tes enfants, tu ne vas tout de même pas t’amuser à mettre tes économies dans la cheminée. D’abord elles vont brûler. 

  • D’abord cela ne brûle pas, ça fond. Ensuite ce ne sera pas dans la cheminée. Dans l’âtre, je ne mettrai que le premier indice.

  • Mais s’ils font du feu, ils ne le trouveront pas.

  • Si, parce que je l’ai mis derrière la trappe d’ouverture du conduit. Comme cela, ou ils font du feu et ils sont enfumés, ils l’éteignent aussitôt, ou ils vérifient avant, ce qui serait tout de même plus intelligent de leur part, mais tu as raison, il faut également que je prévois toutes les bêtises. En cherchant à ouvrir, ils voient que cela bloque et débusquent l’indice.

  • Astucieux. Et tu vas loin comme cela ?

  • J’ai trouvé cinq étapes, mais j’aimerais bien poursuivre.

  • Et c’est quoi le trésor ?

  • Flûte.

  • Mais dis moi quoi, j’ai bien compris que ce n’était pas pour moi, cependant il vaut mieux que je sache pour leur dire s’ils ne trouvent pas.

  • Hors de question, ils trouveront. Et puis toi t’as ma carte bleue, de quoi tu te plains encore ?

  • Je ne me plains pas, je voulais seulement être la bouée de secours. 

  • Ca pour une bouée, t’en es bien une ! 

  • Et puis ta carte c’est pas un cadeau, ils vont me tomber dessus dès que tu seras mort pour me faire recracher le morceau.

  • Mais non, d’abord, pas si tu les aides pour la chasse au trésor et puis je me suis renseigné, l’instit qui habite à côté m’a bien dit qu’on pouvait faire ce qu’on veut avec sa carte bleue. Comme ça tu paieras pas de droits de succession, ils l’ont dit dans le journal.

  • Merci. Bon alors tu le craches le morceau ? T’en meurs d’envie.

  • Et toi tu meurs d’envie de savoir.

  • Allez dis moi, c’est quoi c’t’histoire ?

  • J’ai laissé des sous sur le compte pour toi et j’ai soldé mon assurance vie et le compte sur livret. Ah oui j’ai aussi fini le pea. Il était bien vieux, pas de problème pour les impôts, j’aurai juste la csg à payer.

  • T’as plus confiance aux banques ?

  • Ben tu as vu, avec la faillite de la Grèce, et tout ce qu’on dit sur les banques et l’euro. J’ai tout enlevé. 

  • Et tu l’as caché où ?

  • Attends, je les ai transformé en or, un vrai alchimiste !

  • T’as fait comment ?

  • Ben j’ai acheté des lingots, pute borgne, tu ne comprends pas vite.

  • Si, il faut juste m’expliquer longtemps, et ils sont où là ? J’en ai jamais vu...

  • A toi de chercher avec les indices.

  • Ah flûte, ne me fais pas ça !

  • Mais eh oh, pour qui tu te prends, t’es que la femme de ménage ? 

  • Ouais, bien docile, et même le dimanche, et au black en plus.

  • Tu veux pas que je te reprenne la carte bleue et que je paie l’urssaf non plus !!!

  • Ben pourquoi pas.

  • Oh arrête, tu me fais mal au ventre.

  • C’est ton cancer, c’est pas moi !

  • Merde !

  • Crotte !

  • T’as pas une taf ?

  • T’as pas le droit.

  • M’en fous.

  • Bon Dieu tu me les montres...

  • Cherche.

  • Ferme les yeux et compte jusque’à 20.

  • Ok.

  • Tiens, les voilà, mais putain que c’est lourd.

  • Putain comme tu dis, comment t’as trouvé ? 

  • Je te connais, c’est là que tu cachais tes bouteilles.

  • Bon alors ils trouveront facilement hein ?

  • Ouais, t’as raison.

  • Bon j’ai un coup de barre là d’un coup et j’ai vraiment mal.

  • Attends un peu, vas te coucher, je vais te faire ta morphine, ça ira mieux, on cause, on cause, mais c’est l’heure l’air de rien.

  • Oui, tiens tu as raison.

  • Allez, dors un coup, je reviens ce soir pour le dîner.

  • Tu me fais un bouillon bien chaud hein ? 

  • Oui, sinon je le réchaufferai ici t’inquiètes. Finis donc ta cigarette avant de dormir.

  • Ouais ouais, à toute... Heu, tu peux remettre les lingots dans leur cachette ?

  • Oui t’inquiète

  • Ca tait trois fois que tu le dis. 

    T’inquiète... (à suivre)

INVENTAIRE - EPISODE 1

ACHILLE #SUCCESSIONS DE DECEPTIONS

Grande, blonde, des yeux bleus perçants, un bronzage raffiné, elle évoque avec un accent anglais et un humour glaçant, son testament.

 

A 50 ans, lorsqu'on a vu de nombreux parents et amis mourir, lorsque l'on est à son tour en premièe ligne dit-elle, il est temps de tester.

 

Que veut -elle dire ? Qu'il est temps de partir, pour elle aussi ?

Je la rassure, elle a encore de beaux jours devant elle. Mais effectivement, un accident est si vite arrivé.

Célibataire, sans enfant, psychanalyste, je lui propose de léguer ses biens à diverses associations   ou fondations prêtes à recueillir sa succession et aptes à respecter ses volontés.

Mais non, elle tient à léguer à ses frères et soeurs, les biens qu'elle laissera lorsque le temps sera venu.

Je me permets de rétorquer qu'ils devront régler, étant donné la fiscalité française en vigueur, des droits de succession au taux de 35 % jusqu'à 23.000 euros et 45 % au delà.

Une association pourrait délivrer des legs particuliers et régler lesdroits.

Je ne peux la convaincre. Elle souhaite très fermement exhéréder certains de ses frères et  soeurs, et  en instituer deux pour ses légataires universels.

Je lui confie donc un modèle à sa demande, Elle recopie, me laisse son manuscrit et s'enfuit comme une enfant, son devoir rendu à sa maitresse, non sans avoir préalablement discouru de l'âme humaine.

 

Trois mois plus tard, j'apprends de ses légatairesuniversels qu'elle a lutté bravement contre la maladie qui la rongeait, mais que lassée, elle s'est jetée du 23ème étage d'un immeuble londonien.

Je voyais cette dame saine, propre , pas coquette, mais naturellement élégante. Je n'ai su que penser en pénétrant en son domicile pour faire l'inventaire du mobilier.

Le local était étonnant, un ancien immeuble construit au bord d'une voie ferrée, en matériaux de troisième choix, au 19ème siècle, pour héberger les ouvriers batisseurs le temps de la construction de la voie ferrée, destiné à être démoli après usage, mais toujours en place plus de 100 ans après.

Les termites rongeaient tant l'immeuble que le parquet et les meubles de la défunte. Les trois pièces qui constituaient le logement étaient exigües, étroites, aérées de petites fenêtres qui peinaient à se fermer.

De nombreux livres sur des étagères de bois, ou empilés par terre recouvraient la majeure partie du logement. La moquette grise, tachée, usée, décollée, arrachée par endroit, couvrait à peine les dégâts des insectes xylophages.

Quelques objets africains vaudous, australiens, et indiens étaient regroupés, sur de petites tables basses improvisées, fabriquées à l'aide de bobines, ou de caisses de vin.

Le salon était la chambre ou le contraire. Il n'y avait pas véritablement de lit, mais un canapé qui faisait office, une simple couverture, et de nombreux livres autour, comme pour enfermer le canapé, ou agrandir le lit.

La pièce humide, surtout, m'a choqué. l'une des soeurs m'indiquait que nous ne pouvions pénétrer dans cette pièce aveugle étant donné l'obscurité, je saisis une ampoule, d'une main, de l'autre, la lampe et j'allumais.

Quelle ne fut pas ma surprise : cette pièce de 4 mètres carrés constituait d'un côté la salle de bain au moyen d'une petite baignoire sabot et de l'autre la cuisine, au moyen d'un évier ancien, une pierre, et d'un miro onde sur une étagère accrochée au mur.

Le ketchup figurait parmi les produits de toilettes et vice et versa.

 

La cave aussi nous étonna,creusée à même le roc, elle aurait pu conserver le vin à merveille, mais elle était  chaude, couverte de salpêtre, de mousses et de champignons.

 

Nous fûmes bien contents, tous, de rentrer chez nous ce soir là, et de dormir dans notre petit lit douillet.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

IL VAUT MIEUX VIVRE RICHE ET BIEN PORTANT QUE MOURIR PAUVRE ET SOUFFRANT

ACHILLE #SUCCESSIONS DE DECEPTIONS

 

Il savait de quelle maladie il était atteint. Mais quitte à mourir, mourons heureux, disait-il. Ayant longtemps soigné sa mère puis sa tante pendant leurs dernières années, il n’avait pas fait clôturer leurs comptes de pensions et retraites, n’avait pas non plus informé les banques des décès. Titulaire d’une procuration, il puisait dans les retraites allégrement. Lui-même titulaire d’une confortable retraite, il prit plusieurs cartes de crédit, plusieurs prêts à la consommation. Ses dépenses n’avaient qu’un seul but : prendre son pied jusqu’à la fin rapide de ses jours, avoir sa place réservée dans un très grand restaurant, sortir dans les boîtes de nuit sélectes, et changer de gigolos presque tous les soirs. 

Lorsqu’il mourut, son frère ne put se résoudre à renoncer à la succession. Non pas par espoir de gain, les dettes étaient innombrables. Il fallait rembourser les caisses de retraites, les banques, les organismes de crédit, les loyers restant à courir. Non, mais la honte pesait trop sur ses épaules. Il fallait accepter, payer, nettoyer, emplir des sacs entiers poubelles de revues pornographiques en tout genre, de seringues, préservatifs, usagés, médicaments et substances douteuses. Bouteilles vides. Il fallait faire place nette pour que personne ne sache que l’opprobre ne soit pas jetée sur toute la famille. Le frère ignorait totalement la situation et l’abîme dans lequel s’était plongé son jumeau défunt depuis le décès de sa mère et de la tante. Il paraissait dépressif, sans plus.  Puis il pensa à un cancer quand il le vit dépérir, maigrir, Mais le sida ne pouvant parvenir à sa bouche, ni mêle à ses pensées. C’était une époque où la maladie était diabolisée, et avec elle ses victimes. C'étaient les années 80.

Je négociais tant bien que mal avec les banques qui avaient leur part de responsabilité dans l’affaire. Jamais il n’avait demandé de prouver ses revenus. Ni même s’il avait d’autres prêts en cours. Sur le principe du "un tiens vaut mieux que deux tu l’auras", je proposais à tous une répartition au marc le franc et réussissais tant bien que mal à éviter que ce frère sorte beaucoup de fonds de sa poche. La chance que nous avions est que le défunt avait souscrit avant de se savoir malade des contrats d’assurance vie pour des montants significatifs eu égard aux dettes, et qu’il n’avait pas encore attaqué les capitaux. Il avait également souscrit une assurance décès pour régler les frais d’obsèques. Dans son malheur ces contrats furent une aubaine, bien qu’en y regardant de plus près, seuls 60 % des sommes versées furent restituées pour leur destination. J’en déduis que pour la souscription de tels contrats, pourtant fort utiles, il y a lieu d’être très prudents sur les clauses et conditions financières.

Je ne revis pas le frère, sans doute n’avait-il plus besoin d’un notaire. Sans doute n’aurait-il plus envie de me rencontrer, ma tête lui rappelant ce traumatisme

LA RELIGION

ACHILLE #SUCCESSIONS DE DECEPTIONS

 

Elle avait voulu être religieuse. Après avoir soigné son, père, sa mère, ses frères et sœurs ; se sentant vide d’utilité mais emplie de Dieu ; elle fait le pas et entre dans un couvent à petits pas. Elle assume des fonctions simples mais vitales. .Elle épluche les légumes, fait la vaisselle. Soigne les vieilles religieuses. Rien de bien différent des tâches quotidiennes de son jeune temps. Elle n’a pas d’argent, ayant même dû demander à ses neveux l’aumône pour acquérir une paire de lunettes pour soigner sa presbytie. vers la fin de sa vie,  elle se plaint de n’avoir plus d’argent pour vivre. Mais quel besoin d’argent ? En fait le couvent était une maison de retraite, elle devait régler sa chambre.

Lorsqu’elle disparut, se révéla sur ses contrats d’assurance vie un montant très important. En effet, n’ayant plus la notion de l’argent, et confiante en les conseils avisés de la conseillère financière de la poste et de l’intendant de la maison de retraite. Tout était placé sur des comptes bloqués avec pour bénéficiaire, le couvent et la paroisse.

Les petits neveux dans le besoin n’attendaient pas après l’héritage de leur tante qu’ils croyaient pauvre. Mais ils ont tout de même été déçus. La défunte s’étant toujours occupé d’eux, les ayant presque élevés, ils auraient pensé qu’un petit mot en leur faveur eut été sympathique. 

 

Monsieur est diacre. Il a perdu son épouse. Ses deux enfants sont l’un prêtre et l’autre père de famille nombreuse. La vie n’est pas facile pour eux. Monsieur est obligé de vendre son domicile. Il ne peut plus entretenir cette maison, régler les impôts, le coût des travaux qui viendraient immanquablement à devenir nécessaire.

Il demande que le prix de vente soit partagé entre ses enfants et lui, ce qui est fait et bienvenu pur le père de famille qui pourra enfin aider ses enfants à poursuivre leurs études, et pour le père qui pourra tout donner à sa congrégation.

Madame a légué tous ses biens à un culte qui se trouve sur la liste officielle des sectes. Mais la préfecture a accepté la délivrance du legs. Son neveu ne verra pas la couleur des biens. Il était pourtant dans un grand dénuement. Il réclame si possible au moins des photos, des souvenirs, en vain.

 

Que veulent dire ces expressions ?

ACHILLE #SUCCESSIONS DE DECEPTIONS

Manger les pissenlits par la racine.

Reposer à six pieds sous terre.

Il n’est pas si méchant pot qui ne trouve son couvercle.

Payer en monnaie de singe.

Le bureau des pleurs est fermé.

Déshabiller Pierre pour habiller Paul.

Douze métiers treize misères.

Un cercueil à deux places.

Il est aux abonnés absents.

Le mariage de la carpe et du lapin.

Noms d’oiseaux.

Celui qui avait avalé son bulletin de naissance.

Celui qui avait avalé le goujon, celui qui avait avalé sa langue, sa cuillère, sa fourchette.

Celui qui avait passé l’arme à gauche.

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